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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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15 février 2011

Comment bien aménager sa vitrine ?

"J'ai envie de dire au coiffeur : vous avez -presque- tous une vitrine !" s'exclame d'emblée Livia Plateau, responsable marketing de Coiff'idis. "Ne vous focalisez pas sur le fait qu'elle est trop petite, ou trop grande, ou en coin..."

PREMIER OUTIL DE COMMUNICATION DU COIFFEUR...
...c'est une évidence ! c'est le reflet du salon et un avant-poste stratégique pour attirer les passants.
Eric Vezole est à la tête des 5 "Salons l'essentiel " à Bordeaux : "Nous ne jouons pas sur les prix bas, et n'étant pas une enseigne nationale nous avons un budget publicitaire limité... Alors la vitrine est fondamentale pour attirer les clients !" Alexandra ("Alexandra coiffure" à Darnetal, près de Rouen), très active en la matière, fait évoluer la sienne toutes les 3 à 4 semaines : "Dès que je la change, il y a toujours des gens pour me dire : "ça ne fait pas longtemps que vous êtes là !"
Si chaque vitrine se doit de refléter le concept du salon, la tendance, cependant, évolue. "Après l'ère des vitrines très épurées, aujourd'hui on a envie de s'exprimer davantage ! c'est du moins mon ressenti...", affirme Valérie Wallet, étalagiste et animatrice d'un stage sur ce thème pour l'Institut national de formation coiffure (INFC). Depuis quelque temps, les couleurs tiennent à nouveau le haut du pavé, et l'on apprécie les effets un peu moins dépouillés, plus personnalisés aussi. Le style monochrome a fini par lasser !
Et en la matière, la liberté d'agencement est quasi totale. Seule contrainte : la publicité des tarifs, autrement dit l'affichage des prix. Sophie Sassier, responsable du département "Affaires juridiques" à la Fédération nationale de coiffure (FNC), anime un stage consacré aux obligations d'affichage en salon. "En vitrine, les salons spécialisés hommes ou dames doivent afficher le prix TTC de 10 prestations parmi les plus courantes, et le prix TTC des 20 prestations les plus courantes pour les salons mixtes", détaille-t-elle. "De plus, si l'entreprise propose des forfaits, au moins 2 tarifs de ce type de service seront mentionnés en vitrine." Bien sûr, la police d'écriture doit être suffisamment grande pour être lisible par le consommateur.

DONNER LIBRE COURS À SON INSPIRATION
Les matières premières ne manquent pas : visuels des fournisseurs, produits, mais aussi objets design ou de récupération, chinés dans les vide-greniers...

"Les coiffeurs ont plein d'idées, ce sont de "bons élèves" en matière de vitrines !" sourit Valérie Wallet. Métier de création oblige... Avec peut-être, du coup, le risque suivant : perdre un peu de vue qu'il s'agit quand même de parler coiffure... Car la démarche est subtile : c'est bien de vouloir aller plus loin que le sempiternel visuel entouré de 3 produits, mais il est préférable que la consommatrice comprenne au premier coup d'oeil qu'elle ne passe pas devant le vendeur de jouets ou le pâtissier du coin. Même si certains coiffeurs, tel Eric Vezole et ses "Salons L'essentiel", peuvent parfois faire totalement abstraction du métier en vitrine. A chacun, donc, d'élaborer son dosage ; on peut tout à fait utiliser les événements de l'année (Fête des Mères, par exemple), sachant aussi que certains d'entre eux (l'inévitable Halloween...) commencent à lasser le public.
Pour aider le coiffeur, la société Coiff'Idis propose 3 fois par an un "kit vitrine", lié à des temps forts de l'année : la rentrée de septembre, les fêtes de fin d'année, l'arrivée du printemps. Posters, vitrophanies : les éléments sont conçus pour s'adapter à toutes tailles de vitrines (les vitrophanies peuvent se découper). La thématique en est différente à chaque fois, avec une tonalité plus "junior" au moment de la rentrée des classes, mais toujours avec un clin d'oeil coiffure. Le coiffeur est invité à interpréter ces éléments à sa manière, et à les mettre en situation, éventuellement avec des ajouts. D'ailleurs, Coiff'idis organise chaque année un concours de la vitrine la mieux conçue, et le gagnant part en séminaire professionnel dans un lieu de rêve...

CODES COULEUR ET MATÉRIAUX
Attention aux messages véhiculés par les couleurs : le rouge, qui énergise, le bleu, qui tempère (pourquoi pas pour un espace spa ?)...

Et par les matériaux : métal, caoutchouc, aluminium, restent à tonalité masculine, le tissu faisant davantage référence à l'univers féminin. Verre et métal fin évoquent un univers plus haut de gamme que, par exemple, carton et plastique. Quant au prix, la règle classique qui veut que plus il est affiché en gros, plus on s'attend à une prestation bon marché, est toujours d'actualité. Bref, une idée-force : la vitrine doit refléter ce qui se passe à l'intérieur. Filant ce thème jusqu'au bout, Coiff'idis propose des animations en lien avec ses "kits vitrine", histoire de créer une dynamique au sein du salon.Car une vitrine, ça évolue... souvent. Sinon, les passants ne la voient plus. Mais encore ? "Toutes les 3 semaines, c'est l'idéal, juge Valérie Wallet, sauf bien sûr pour une opération forte, qui peut rester en place un peu plus longtemps." "Tous les 2 mois, c'est déjà bien", nuance Livia Plateau. Tout dépend aussi de l'endroit où se situe le salon : rue piétonne (où la vitrine est très importante), grand axe de circulation... D'ailleurs, la réalisation de la vitrine n'est pas la chasse gardée du responsable du salon, des collaborateurs peuvent tout à fait y participer. A une condition : il faut vraiment aimer cela... Attention ! Le coiffeur qui habitue ses clients à des vitrines élaborées n'a plus vraiment droit au relâchement. "Quand je ne fais pas de vitrine, remarque Alexandra, les gens m'en font la remarque, sur le mode : alors, qu'est-ce qui se passe ?" La rançon du succès...

TEMOIGNAGES

ERIC VEZOLE (5 AFFAIRES "SALON L'ESSENTIEL" À BORDEAUX)
"C'est l'oeuvre d'un décorateur"

"Un décorateur réalise pour nous 4 vitrines par an. Elles sont identiques dans chaque affaire, alors que la déco intérieure varie selon les salons. Elles ne sont pas liées directement aux saisons, mais à l'ambiance d'une saison : c'est plus coloré au printemps, plus dans les blancs en hiver... Parfois elles sont amusantes, parfois plus chic, il peut y avoir du tissu, de la fourrure, des fleurs, des plumes... sans forcément d'allusion directe à la coiffure. Ce décorateur travaille avec nous depuis longtemps, nous sommes totalement en phase. C'est un budget, c'est vrai, mais vous n'imaginez pas le nombre de gens qui sont entrés grâce à la vitrine... On le sait, on sonde les nouveaux clients ! La vitrine se voit aussi de l'intérieur, et permet donc de changer l'ambiance du salon. Nous avons attiré le public qui nous correspond."


OLIVIER DUFRESNE (8 SALONS "FIGURE LIBRE" DANS LE SUD-OUEST)
"La vidéo, pas la déco !"

"Nous, on ne parle plus de déco, mais de vidéo ! Tous nos salons ont en vitrine des écrans plats suspendus où passent des démonstrations de coupe et de technique. Pas de défilés de mode, où la coiffure reste au service du vêtement, vraiment du "professionnel". J'achète des vidéos de Vidal Sassoon et j'utilise nos formations. Bien sûr, selon la longueur et l'emplacement de chaque vitrine (en angle ou pas), à nous d'adapter la taille de l'écran, de cacher les câbles par exemple par un système de tubes creux... L'impact ? Il n'est évidemment pas quantifiable, mais on voit bien que les passants s'arrêtent, ils sont interpelés." Petit truc livré par Olivier Dufresne : penser à faire "détunariser" les téléviseurs achetés, une procédure tout à fait légale qui permet de prouver à la SACEM qu'ils ne serviront pas à diffuser des chaînes nationales. Sinon, les droits à verser sont élevés.


CORALIE BOUCRELLE, SALON "FRISELIS" À ARRAS
"2 fois par mois"

"Personnellement, je fais évoluer ma vitrine 2 fois par mois. Pour moi, la vitrine, c'est mon image de marque, une première approche pour la cliente... Je le fais un peu au feeling... tout en restant dans une même harmonie de couleurs, par exemple le doré. J'utilise des objets achetés, des choses que je ramène de chez moi... Comme je vends aussi pas mal d'accessoires, bijoux, sacs, je les utilise pour composer mes vitrines, selon ce que j'ai à vendre à ce moment-là. En revanche je ne suis pas trop les thèmes style Halloween, je préfère garder ma personnalité."


LE TRUC EN PLUS...
• "Tous les commerçants d'une petite commune ou d'une même rue peuvent décliner un thème choisi en commun", suggère Valérie Wallet. Histoire de démultiplier l'impact !
• en cas de petite vitrine : on va chercher de la place en hauteur par un ingénieux système d'accroches et de suspensions. Et on travaille sur plusieurs plans pour donner la profondeur qui fait défaut.
• l'excès (de polices, de PLV, de messages...) est nuisible : on privilégiera la clarté et la simplicité. Et tant pis pour la kermesse du quartier (on peut l'annoncer à l'intérieur du salon) !
• on privilégie bien sûr les lignes ascendantes (sachant qu'une vitrine se lit de gauche à