Taxe rose dans la coiffure : le retour !

14/12/2018 Profession/réglementation
Profession/réglementation  Taxe rose dans la coiffure : le retour !

La coiffure est devenue la victime médiatique préférée des dénonciateurs de la «taxe rose». C’est-à-dire le fait (avéré dans de nombreux cas) de faire payer les femmes plus cher que les hommes un même produit ou service. On connaît la disparité des tarifs dans notre secteur, ce que l'association CLCV (Consommation logement cadre de vie), en mal de bouc émissaire, interprète comme une injustice sans fondement faite aux femmes. D’où une pétition en ligne pour rassembler les troupes et interpeller, carrément, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes, afin qu’elle se penche sur la question. Cette polémique stérile rebondit à peu près une fois par an (la dernière datait d’il y a 6 mois !). Apportons donc quelques éléments de réflexion à notre secrétaire d’Etat : oui, la différence de prix entre les prestations homme et femme est importante, 46% note l’association. Mais, au-delà d’un travail qui n’est pas équivalent dans la majorité des cas, ce n’est pas une surfacturation de la femme, mais bien un héritage de la désaffection qu'a connue le marché de l’homme pendant 20 ans qui a conduit à une SOUS facturation des prestations homme ! La solution n’est donc pas dans une baisse des prix pour les femmes mais bien dans une augmentation de ceux des hommes, ce qui commence à se produire avec le renouveau des barbiers. Certains pratiquent cependant des prix équivalents homme-femme, en ayant aligné les prix par le haut depuis longtemps, mais ils sont rares. Reste à savoir si passer trop brutalement les prestations homme d’une moyenne de 20 euros à 30 euros (le prix normal qu’ils devraient payer) ne risque pas de casser la dynamique de la reprise. D’autant qu’en parallèle, les pouvoirs publics ont laissé se multiplier des centaines de salons illégaux qui pratiquent, eux, des tarifs de moins de 10 euros pour l’homme, ce qu’a récemment dénoncé l’UNEC via une pétition là aussi. Or ces salons ne coiffent pour le coup aucune femme… En revanche, l’association relève un autre élément plus problématique : 21,3% des salons ont un affichage des prix non conforme (ils sont absents ou difficilement lisibles), un taux même doublé pour les produits revente ! Le manque de logique des tarifs de certains forfaits également relevé illustre un combat mené depuis des années par les formateurs, et tient plus d’une erreur de gestion récurrente de la part d'une grande majorité de coiffeurs. Lesquels ne savent pas fixer leurs prix, souvent à leurs dépens d’ailleurs ! Autre élément de réflexion pour une profession taxée de misogyne dans ses pratiques : plus de 8 coiffeurs sur 10 sont… des coiffeuses !

Photo: Mattel Barbie et Ken

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