« La réouverture des salons ? Il est urgent d’attendre ! »

14/04/2020 Profession/réglementation
Profession/réglementation  « La réouverture des salons ? Il est urgent d’attendre ! »

Après l’allocution du président de la République, Emmanuel Macron, commence à se poser la question dans une perspective plus ou moins lointaine de la reprise de l’activité dans les salons et surtout, sous quelles conditions. S’il a bien été précisé que le 11 mai est un objectif de sortie progressive de confinement et non une certitude, la date présente néanmoins un horizon à la fois lointain et très proche pour s’organiser. Les commerces et services devraient, sous condition, ouvrir progressivement, tel ne sera pas le cas des lieux réunissant un public nombreux (cinémas, bars, restaurants, salles de spectacles…). Une ouverture progressive qui dépendra de nombreux facteurs : évolution de l’épidémie, règles de déconfinement, précautions sanitaires. C’est sur ce dernier point que chacun s’interroge, des coiffeurs sont déjà contactés par des clients pour ouvrir le carnet de rendez-vous dès le 11 mai ! Une option que beaucoup considèrent comme très prématurée. En premier lieu les coiffeurs eux-mêmes, un sondage express mené par L’Eclaireur auprès de 1600 coiffeurs le 14 avril fait ressortir une majorité de « non » à la réouverture à 56%, soit que les coiffeurs n’y croient pas, soient qu’ils ne veulent pas prendre de risque. Et ce même si 44% espèrent une réouverture progressive, dans des conditions contrôlées évidemment. Les instances de la coiffure sont aussi en attente comme l’explique Luc Hery secrétaire général du CNEC : « Tout dépend des conditions sanitaires. On attend, c’est prématuré de programmer quoi que ce soit. On verra ce qu’on nous demande et où en est la situation puis il faudra, en concertation, mettre en place des procédures adaptées… si c’est possible ! » Beaucoup de « si » donc. L’Unec étant sur une ligne similaire comme l’explique Christophe Doré, premier vice-président : « Le retour au travail il faudra y penser et l’organiser mais quand et comment ?... Plusieurs questions se posent : les conditions de travail pour la sécurité des clients et des coiffeurs mais aussi la viabilité d’éventuelles restrictions d’un point de vue économique. Rouvrir pour recevoir un nombre limité de clients n’est pas forcément viable, surtout si les aides s’arrêtent en parallèle. Tout en regardant ce à quoi réfléchissent les autres métiers, nous allons tous nous y mettre pour voir à ce à quoi les solutions pourraient ressembler. Une chose est sûre, nous n’avons pas zéro charges mais bien zéro entrées. Et les aides ne sont pas suffisantes même si elles ont le mérite d’exister. » Le retour à la normale est un sujet miné, plus encore que la réouverture progressive des commerces et services. Beaucoup d’acteurs de la profession pensent que les restrictions, sous une forme ou une autre, dureront au minimum jusque septembre pour les plus optimistes et la fin de l’année voire le début 2021 pour les plus pessimistes. L’espoir ultime n’étant pas uniquement dans les traitements du Covid-19 mais bien dans le vaccin qui lui va mettre des mois à être finalisé. En attendant, nos habitudes de vie et de consommation vont être lourdement modifiées dans un sens que seul un devin pourrait anticiper… Pour finir sur une note d’espoir Christophe Doré insiste : « c’est impressionnant de voir à quel point les Français aiment aller chez leur coiffeur, nous avons besoin d’eux mais eux aussi ont besoin de nous. »

À LIRE AUSSI

Un artisan au gouvernement !

Alain Griset, président de l’U2P (Union des entreprises de proximités), le syndicat des artisans mais aussi ancien taxi devient ministre délégué aux PME. Une lourde tâche face aux problèmes existentiels que vont rencontrer les petites et très petites entreprises.