La guerre des labels naturels ?

27/11/2023 Réglementation
Réglementation  La guerre des labels naturels ?

Après la prise de conscience de l’impact environnemental et la recherche d’une consommation plus responsable, la certification puis le marketing se sont emparés du sujet. Pour le meilleur et parfois pour le pire…


Le naturel et partout le bio aussi, avec des labels et des certifications en pagaille et, après la compensation carbone, un dernier élément très tendance s’invite : le vegan ! Labels et certifications envahissent le marché cosmétique, ce qui parfois nous perd. L’un des meilleurs labels pour susciter de l’empathie chez les consommateurs, car il est amusant et parlant, n’est autre que le « cruelty free », surtout celui avec le joli petit lapin de la Peta. Reste qu’il pose, sur le marché européen en tout cas, un problème. L’expérimentation animale y est de toute façon interdite en cosmétiques depuis 2004 et on ne peut se prévaloir de simplement respecter la loi. On botte un peu en touche en rappelant que certains marchés obligent encore à réaliser des tests sur les animaux, comme la Russie ou la Chine. Ne plus exporter en Russie en ce moment n’est clairement pas un exploit et depuis 2021, la Chine délivre une autorisation spécifique, sans tests sur les animaux, pour la majorité des cosmétiques français.


Vegan versus bio
Autre label en vogue donc, le vegan. Si de nombreuses marques déjà engagées dans le naturel, le bio ou plus de naturalité se sont logiquement engouffrées dans le créneau, d’autres abusent un peu de son image depuis quelques mois. Explication : être vegan, cela signifie juste ne pas utiliser de produits animaux ou de dérivés d’exploitation animale, voire nuisant aux animaux… Un concept à la fois large et flou qui permet à certains d’obtenir un label valide que les consommateurs confondent avec les labels et certifications naturels. En cosmétique, on peut être vegan avec beaucoup d’ingrédients de synthèse et bien peu de naturel, ce n’est pas incompatible ! Les certifications naturelles ou bio sont enfin parasitées par une multitude d’autocertifications et des labels certes indépendants, mais aux exigences variées. Au point que certains des historiques de la cosmétique naturelle et même du bio n’ont jamais voulu entrer dans ces processus qu’ils considèrent comme trop peu contraignants… Pourtant, il faut reconnaître que tous ces labels évoluent en permanence pour tenir compte de ces critiques.


Consommation décarbonée
Quant au dossier de la compensation carbone, il est… miné ! L’évaluation du cycle de vie d’un produit, donc de son véritable impact, ne fait pas l’unanimité parmi les spécialistes, outre les failles des rejets ou du recyclage. Soixante-quinze pour cent des plastiques passant ainsi au travers des mailles du filet en France, le calcul de l’impact de la production ou du transport est parfois très optimiste. Et planter un arbre ne compense pas la destruction d’une forêt primaire. Pire, certaines entreprises délèguent les actes nécessaires mais les plus polluants à des sous-traitants, voire aux clients, ce qui masque une partie de l’impact environnemental. Le vrai zéro impact, il ne faut pas se leurrer, c’est l’absence de consommation ! Pour finir sur une note plus positive, sous la pression des consommateurs, les efforts de tous sont réels, c’est une obligation pour les séduire et les rassurer. Simplement, chacun doit s’informer pour répondre aux inévitables et légitimes questions. Enfin, depuis 2017, les allégations sur le naturel sont plus encadrées et normées au niveau international (ISO 16128), norme qui n’est cependant qu’un socle commun a minima avec peu de contraintes par rapport aux grands labels... La France était à ce titre plus en avance. Un cosmétique se revendiquant naturel devait l’être à plus de 95 % (incluant les dérivés d’origine naturelle, petite subtilité), indépendamment des adhésions à tel ou tel label plus contraignant.

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