L’emplacement, valeur refuge ou piège ?

08/12/2021 Coiffeurs/franchises
Coiffeurs/franchises L’emplacement, valeur refuge ou piège ?

Avec le bouleversement des habitudes de déplacement et l’explosion du commerce numérique, toutes les règles que l’on croyait connaître sur la prédominance de l’emplacement semblent devenir caduques. Et pourtant…


Pour un salon de coiffure, les trois points les plus importants sont : l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement ! On l’a souvent entendue, cette fameuse phrase qui sonne désormais un peu étrangement, avec une grosse revanche des coiffeurs aux emplacements moins considérés mais bien moins coûteux, et des coiffeurs à domicile.

La fin de l’emplacement ?
Non, la force de proximité a été renforcée avec le télétravail et les couvre-feux, favorisant les bons emplacements dans les villes de résidence des travailleurs. Mais les grands centres-villes ont souffert, tout comme les centres commerciaux. Or, jusqu’à présent, ils étaient fortement évalués avec des loyers élevés… des négociations sont à prévoir ! Reste qu’un salon leader excentré, c’est possible, mais encore rare, et cela demande un travail de communication permanent.

Le marketing digital prime ?
Oui, il devient essentiel, même pour une clientèle venant d’une zone de chalandise proche, mais il ne faut pas pour autant abandonner les bonnes vieilles recettes. On parle alors d’omnicanalité, la communication tous azimuts, digitale (web, réseaux sociaux, téléphone, sms…) et physique, y compris sur le point de vente. Sans action, un salon peut perdre jusqu’à un tiers de ses clients par an (même sans erreur).

La vitrine devenue inutile ?
Non, c’est une force mais qui, aujourd’hui, dans certains quartiers, se paie bien trop cher par rapport à ce qu’elle rapporte. Opter pour un fond de cour, un étage ou un établissement avec une petite vitrine permet de valoriser une bonne adresse sans payer une exposition en rue, bien moins utile lorsque l’on vend un service et non un produit. Et il ne faut pas oublier que si l’on trouve tout sur Internet, dans la moitié des cas la découverte d’un nouveau produit ou d’un service se fait en direct, grâce à l’échange.

Le salon physique has been ?
C’est l’impression que pourraient donner les chiffres, avec moins de créations, mais l’explosion continue des indépendants hors salon représentant désormais un quart des établissements. Pourtant, les deux approches restent complémentaires. Le hors salon est pratique et hyper personnalisé. Pourtant le salon se réinvente par une expérience client bien plus riche et la possibilité de vivre un moment hors de ses cadres habituels. De plus en plus de coiffeurs à domicile recherchent des lieux de coworking ou des fauteuils à louer pour certaines prestations. Et là, l’adresse et le prestige comptent beaucoup et, surtout, ils marquent là où le digital se dilue très vite dans le souvenir.

Quid du merchandising ?
Alors oui, les boutiques et plateformes virtuelles sont belles et efficaces, mais elles sont souvent lisses et se ressemblent. Les techniques de vente sur le point de vente physique ont su se renouveler, enrichissant énormément l’expérience client, transmettant plus de convivialité, ce qui plaide à la fois pour une bonne adresse et pour une belle vitrine à théâtraliser.


L’omniprésence de la communication virtuelle, qui permet à un salon physiquement peu visible d’exister fortement, a rebattu les cartes. L’emplacement reste essentiel mais ne se suffit plus en lui-même. Il doit désormais être pensé autrement. Il est déterminant s’il s’inscrit dans une logique : affirmer sa place de leader, se positionner dans un lieu de passage. Mais sans oublier que plus des deux tiers des clients gagnés par un simple passage ne reviennent pas… sauf si on les sollicite.

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