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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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04 mars 2011

Comment bien réparer les dégâts de l' été sur une coloration?

La culture de la protection et du soin commence à entrer dans les mœurs, mais les dégâts de l’été sur les cheveux restent tout de même un grand classique. « L’important, c’est d’abord de réhydrater la fibre capillaire en profondeur et de retrouver des cheveux sains, explique Marie-Hélène Réal, directrice technique de Sublimo. Nous proposons un programme avec un shampooing, un masque multivitaminé et un fluide d’hydratation intense », détaille-t-elle. L’application d’huiles protectrices et nourrissantes avant le service technique apporte souvent un plus indéniable. Ensuite, selon les cas, on peut commencer le travail sur la couleur elle-même, en ayant éventuellement pris soin de protéger les parties colorées ou très sensibilisées de la chevelure. Même celles que l’on recolore peuvent bénéficier d’un mélange incluant du soin.

PIGMENTS DIRECTS ET SOINS PROFONDS
L’éclaircissement apporté par le soleil n’est pas toujours des plus heureux. De façon classique, les châtains virent au roux, les dorés et les reflets chauds prennent le dessus, tandis que les reflets froids (cendrés et irisés notamment) sont en général mis à mal. Il en va de même pour les pigments rouges, même si de gros progrès ont été réalisés depuis 3 ou 4 ans pour en améliorer le vieillissement. Il reste à espérer que les clientes n’essaieront pas, sans le conseil d’un spécialiste, de rectifier elles-mêmes certains déséquilibres de la couleur ! Michel Guillerme, responsable technique chez Framesi et Scruples, explique comment tirer parti de l’évolution du cheveu après cette épreuve estivale : « Souvent, je me sers des nouveaux positionnements de teintes apportés par les éclaircissements naturels du cheveu avant de rééquilibrer la couleur en douceur. Dans le cas d’une cliente à la chevelure naturelle, cette modification estivale de sa teinte peut constituer un point de départ pour l’amener doucement à la coloration, en argumentant sur le maintien de ce bel effet coup de soleil, que l’on se contentera dans un premier temps d’embellir. On travaillera alors un duo de couleurs en conservant la base naturelle du cheveu. Pour le reste de l’année, on peut séduire les clientes avec des balayages, des mèches ou des travaux de reflets. » Si la cliente, que ses cheveux soient naturels ou colorés, veut juste retrouver sa teinte d’avant l’été, on se contente de neutraliser les mauvais reflets après un diagnostic de coloration classique. Ensuite, on privilégie les couleurs sans ammoniaque et on n’applique les oxydants qu’avec modération. Le cheveu, surtout s’il est devenu poreux, est sensibilisé et, en prime, accroche plus facilement les pigments sans trop d’apport de chimie. Le problème est plutôt d’éviter qu’il ne dégorge, d’où la nécessité de refermer les écailles pour lisser la cuticule. Une précoloration réalisée avec des pigments naturels pourra faciliter le travail. « Pour retrouver l’éclat de la couleur, il est préférable d’utiliser un formulaire sans ammoniaque ou notre coloration crème ton sur ton, qui va raviver la nuance, explique Marie-Hélène Réal. Autre possibilité : un soin ‘‘maximiseur de couleur”, qui répare et colore en même temps, à renouveler à chaque shampooing. »

OXYDANT ET AMMONIAQUE À UTILISER AVEC MODÉRATION
Selon Michel Guillerme, si la couleur de la fibre capillaire est au minimum ternie, ce n’est pas seulement dû à la négligence des clientes ou au soleil, mais aussi au fait qu’elles se lavent plus souvent les cheveux, ce qui provoque un vieillissement plus rapide de leur couleur. « On corrige les dégâts en appliquant des colorations végétales ou des colorations directes, notamment pour restituer les reflets cendrés et irisés. Et il ne faut pas hésiter à allonger le produit de coloration avec des huiles ou des soins. En cas de cheveux blancs ou de repousses, on doit procéder un peu différemment : il convient de recréer la couleur en racine de façon classique afin de retrouver la même base que pour le reste de la chevelure. De toute façon, je ne travaille habituellement les demi-longueurs et les pointes qu’en coloration directe. Il ne suffit pas de préserver et d’éviter de sensibiliser le cheveu à l’approche ou au sortir de l’été : une démarche globale suivie tout au long de l’année lui épargnera la plupart des déboires, l’application de soins et de shampooings acides permettant aux écailles de rester bien fermées... » A la rentrée, une coloration à faible oxydation et une précision chirurgicale dans la réalisation de la technique s’avèrent plus que jamais essentielles, même si certains coloristes estiment qu’il faut travailler ainsi... toute l’année ! Reste que lorsque les effets de l’été se sont fait sentir, il convient de se montrer encore plus attentif. Si la fibre se révèle abîmée, ou la coloration très dégradée, et que des « rattrapages » hasardeux ont été tentés à la maison, la situation se complique un peu. « Tout dépend des cas, mais on peut avoir à décaper, à ”remonter” les couleurs, à réaliser une précoloration ou un simple ton sur ton », explique Marie-Hélène Réal.  L’ampleur des dégâts constatés impose parfois d’effectuer un travail en plusieurs étapes pour rétablir la qualité des cheveux : il prendra la forme d’un programme de soins et de mesures d’urgence destinées à rectifier les défauts les plus visibles, comme certains reflets. On neutralisera ceux-ci grâce à une coloration directe ou à des soins pigmentants, et en apportant de la brillance. « Le traitement-réparation en un seul service ne pose généralement pas de problème, estime Michel Guillerme. Avec une coloration directe appropriée ou un soin pigmentant, les pigments pénètrent la fibre du fait de sa porosité, et ce sans sensibilisation supplémentaire. Ensuite, on traite pour améliorer l’état du cheveu. S’il s’agit de cheveux blonds et qu’il n’y a pas de ”remontée” de couleur à réaliser, on applique le soin pigmentant deux en un qui traite et colore, puis on vend un soin approprié pour le suivi à domicile. » Certains produits de coloration repigmentants permettent par ailleurs d’accentuer directement la teinte des mèches, de redonner des nuances à la couleur sans qu’il soit nécessaire de répéter toutes les étapes de la reconstruction du fond ; le tout avec un oxydant à faible titrage. Pour le suivi à domicile, Marie-Hélène Réal rappelle un autre principe de base, plus en rapport avec la psychologie qu’avec la technique : « Si on donne les explications adaptées, la cliente prend conscience de ses besoins. Mais proposer ne signifie pas imposer ! » Convaincue, la cliente utilisera les bons produits et fera aussi plus attention l’été prochain, jouant davantage la carte de la prévention et de la protection.

NEUTRALISER LES REFLETS
Un des grands classiques des dégâts de l’été et des désagréments dus au chlore des piscines, c’est un blond qui devient verdâtre ou un châtain qui tire sur le jaune. « C’est le cas idéal ! estime Michel Guillerme. Très visible et très simple à corriger, ce problème valorise le savoir-faire du coloriste ! » Il suffira d’appliquer un soin pigmentant avec un peu de rouge dans le premier cas, ou de violet dans le second, ou de faire un shampooing purifiant. Ainsi, la question sera réglée la plupart du temps, sans chimie lourde, avec à la clé la vente du produit adapté pour que le reflet ne réapparaisse plus. Le vrai problème vient plutôt du fait que certaines clientes essaient de recolorer le cheveu pour supprimer ces reflets disgracieux, obtenant pour seul résultat plus de sensibilisation, des reflets vraiment tenaces et, en prime, une base saturée. Le coiffeur a alors de quoi s’occuper pour rectifier les dégâts -avec diplomatie !-, après un « démaquillage ». D’autres mauvaises surprises peuvent aussi attendre le coloriste, chaque fournisseur de couleurs ayant ses petites recettes personnelles, ses mélanges et ses reflets qu’il faut connaître ou apprendre à repérer. Attention, également, à ne pas avoir la main lourde concernant l’oxydant : en effet, les pigments bleus et rouges ont déjà été les plus touchés par le soleil, un ajout d’oxydant les dégraderait davantage... ce qui obligerait à rajouter les mêmes pigments ! Un comble ! Un faible titrage de l’oxydant, une émulsion à l’eau ou une huile-soin lors de la prestation permettent de travailler en douceur.