Salaire des coiffeurs : sont-ils vraiment si mal payés ?

les salaires en coiffure
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Le salaire des coiffeurs reste inférieur à celui de nombreux métiers. Mais les moyennes nationales masquent une réalité plus contrastée : temps partiel, coiffure à domicile, primes, commissions et tension sur le recrutement font varier fortement la rémunération selon le profil et le mode d’exercice.

Les coiffeurs sont-ils mal payés ? Si l’on se fie aux statistiques disponibles sur les revenus, la réponse est plutôt oui. La coiffure figure régulièrement parmi les métiers aux rémunérations moyennes les plus faibles, parfois même derrière des professions comme celle de toiletteur animalier. Mais cette comparaison mérite d’être nuancée : derrière le terme « coiffeur » se cachent des situations professionnelles très différentes.

Le niveau de salaire dépend notamment du statut, de l’expérience, du temps de travail, de la localisation et du type d’entreprise. Et dans les salons de coiffure, la réalité des rémunérations peut être nettement plus favorable que ne le laissent penser les moyennes nationales.

Temps partiel et coiffure à domicile : deux facteurs qui pèsent sur les revenus

Deux caractéristiques du secteur contribuent fortement à faire baisser les revenus moyens. La première est le poids du temps partiel. Très présent dans la coiffure, il répond souvent à un choix d’organisation personnelle et familiale. Les femmes représentant plus de 90 % des actifs du secteur, l’aménagement du temps de travail constitue un enjeu important pour de nombreux professionnels. Autre situation fréquente : la coiffure à domicile, l’activité indépendante hors salon ou encore le coworking. Ces modes d’exercice offrent davantage de liberté et de souplesse, mais ils ne garantissent pas nécessairement une meilleure rémunération. Une fois déduits les frais professionnels, les déplacements, les produits et les charges, le revenu réellement disponible peut être nettement inférieur au chiffre d’affaires réalisé. Pour les coiffeurs à domicile, les coûts liés aux déplacements pèsent également directement sur la rentabilité. La hausse des carburants a ainsi contribué à réduire la marge de certains professionnels.

Quel salaire pour un coiffeur en salon ?

La situation est différente pour les coiffeurs salariés en salon. Si l’on s’en tient à la grille conventionnelle, les premiers niveaux de rémunération restent proches du Smic. Un coiffeur confirmé peine encore à franchir nettement le seuil des 2 000 euros brut mensuels, tandis que les fonctions de management permettent davantage de progression, avec des rémunérations pouvant dépasser 2 500 euros brut en fin de parcours selon le poste et l’entreprise. Mais les minima conventionnels ne racontent pas toute l’histoire. Depuis plusieurs années, les difficultés de recrutement poussent les salons à proposer des rémunérations supérieures à la grille pour attirer et fidéliser les coiffeurs.

Recrutement : les salons revoient leurs salaires à la hausse

Les offres d’emploi sur notre site depuis des années donnent une image sensiblement différente de celle des statistiques générales. Pour un coiffeur débutant diplômé, il n’est pas rare de voir des propositions supérieures aux minima conventionnels, entre 100 et 150 euros de plus depuis des années, avec des salaires pouvant approcher ou dépasser les 2 000 euros brut mensuels avec le niveau actuel du Smic. Pour un coiffeur confirmé, notamment dans les grandes agglomérations où les tensions de recrutement sont fortes, certaines offres dépassent les 2 200 euros brut. L’expérience, la maîtrise technique, la capacité à développer une clientèle ou à réaliser des prestations à forte valeur ajoutée peuvent alors faire la différence. La rémunération ne se limite d’ailleurs pas au salaire fixe. Les dispositifs d’intéressement et de rémunération variable prévus par la convention collective, notamment dans le cadre de l’avenant 13, peuvent compléter le revenu. Les commissions liées à la vente de produits et aux prestations additionnelles constituent également un levier de rémunération.

Les pourboires restent un complément de salaire

Les pourboires ont également leur rôle à jouer, même si les montants sont aujourd’hui loin de ceux évoqués par les générations précédentes. Ils ont diminué mais n’ont pas disparu et peuvent encore représenter un complément appréciable pour les coiffeurs en contact direct avec leur clientèle. Parler du « salaire d’un coiffeur » au singulier n’a donc guère de sens. Entre un coiffeur à domicile indépendant, un salarié à temps partiel, un débutant en salon, un coiffeur confirmé dans une grande ville ou un manager, les niveaux de revenus peuvent être très différents. La coiffure reste indéniablement une profession dont la rémunération doit progresser. Mais la tension actuelle sur le recrutement change progressivement la donne : salaires supérieurs aux minima, primes, commissions et nouvelles organisations du temps de travail offrent désormais davantage de possibilités. Alors, les coiffeurs sont-ils mal payés ? Pas assez, certainement. Mais la réalité est plus contrastée que les moyennes nationales ne le laissent penser.

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