Les coiffeurs et Dessange au cœur d’Octobre Rose

Octobre Rose chez les coiffeurs
© Adobe Stock
Le rôle des coiffeurs dans l'accompagnement des femmes atteintes de cancer du sein est essentiel ce qu'a rappelé le groupe Dessange, engagé dans cette expertise depuis des années

Au-delà d’un ruban rose et de nombres d’actions, fussent-elles commerciales,  Octobre Rose reste le mois de la sensibilisation, de la prise de conscience de ce qui se fait et peut se faire en prévention ou en accompagnement des cancers du sein, majoritairement féminins… mais aussi masculins !

Le groupe Dessange a ainsi organisé le 21 octobre dans la maison internationale de la rue de la Boétie une rencontre expliquant les grandes étapes de prise en charge avec ses équipes et plusieurs intervenants dont un médecin oncologue Hervé Foka-Tichoue et Esmeralda Lemoineune socio-coiffeuse opérant tous deux à hôpital Pitié-Salpêtrière mais également avec son partenaire de remplacement capillaire, Ellen Wille, représenté par Bettina Mostert. Pour planter le décors, il a été rappelé que chaque jour dans le monde 4 femmes découvrent qu’elles ont un cancer du sein, mais également que 75% d’entre-elles guérissent…

Mais l’objet de la rencontre était surtout d’ouvrir le dialogue pour expliquer les étapes de l’écoute et de l’accompagnement. Bettina Mostert a ainsi souligné l’engagement de l’Etat français qui depuis plusieurs années a mis en place une prise en charge à 100% des chevelures de remplacement, à hauteur de 350 euros désormais, ce qui permet d’obtenir une qualité très correcte en chevelure synthétique, un article prêt-à-porter que le coiffeur personnalise. Le maximum de pris en charge étant de 700 euros. Cette rencontre a permis de rappeler les grandes étapes :

  • La suspicion de cancer durant laquelle, en attendant la confirmation, on prépare la patiente à entrer dans le processus de traitement.
  • La confirmation, le choc de l’annonce de la maladie et des diverses conséquences avec dans la somme d’infos des femmes qui n’en retiennent que deux : « j’ai le cancer » et « je vais perdre mes cheveux » ce qui sera effectivement le cas dans 90% des traitements.
  • L’accompagnement avec l’écoute et le conseil, idéalement dès l’hôpital quand une socio-coiffeuse est mandatée comme à la Pitié à Paris mais ce n’est pas le cas dans tous les hôpitaux.
  • L’action du coiffeur, idéalement formé en socio-coiffure ou par l’expérience ou encore via une certification comme chez Dessange. On parle alors beauté, d’estime de soi, des suites et bien sûr solutions pratiques.
  • L’accompagnement jusqu’à la guérison avec pour la majorité des femmes, le choix de chevelures de remplacement ( portées à l’extérieur, parfois à domicile même si le port d’un bonnet y est plus approprié pour laisser respirer le cuir chevelu) mais pas pour toutes, les choix étant très variés. Sont mis en place l’entretien des chevelure, le soin du cuir chevelu et les étapes permettant la compréhension des repousses et des soins adaptés.

Et Jason Le Carrour, coiffeur à la tête de la maison Dessange, de préciser le rôle du coiffeur : « souvent ce sont des clientes que l’on connait depuis des années, elles nous questionnent rapidement dès le début de leur cheminement vers le traitement . Nous pouvons les recevoir dans un espace privatif et apporter quelques réponses et pistes avant d’entrer dans des questions pratiques : faut-il raccourcir en attendant ? Garder le même style ? Changer son look complétement grâce au remplacement capillaire qui permet de faire tout ce que l’on veut ? Comment se passera la repousse et pourquoi pendant des mois même après le traitement le cheveu est-il différent en texture, couleur, etc. ? » Parmi les règles de base tant pour le médecin que le coiffeur : amorcer ces discussions en début de journée, pas le soir et en semaine, pas le vendredi pour permettre à la patiente d’absorber les infos voire de revenir vers les professionnels pour en savoir plus sans rester seules avec leurs questions ! Du côté d’Ellen Wille on a rappelé que trois types de chevelures de remplacements existent : naturelles, mixtes ou synthétiques. Les progrès en fibre synthétiques permettent une mise en forme y compris avec les outils thermiques pour un entretien très faciles, même si spontanément les patientes pensent plutôt fibre naturelle au début. Là où il n’y a pas débat c’est sur la pertinence d’un accompagnement hors médical lequel améliore bien sûr le quotidien des patientes mais aussi, on le sait désormais, leur traitement médical confirme le docteur Foka-Tichoue. Un élément valable pour toute autre maladie touchant à l’image de soi. Durant les traitements de chimio, parfois, les chutes sont ralenties par les casques réfrigérants qui avec leur effet vaso-constricteurs réduisent l’action sur les bulbes, souligne-t-il. « Mais il n’y a pas de règle générale, nous réagissons tous différemment et les bulbes sont toujours très réactifs aux traitements ». Le médecin et la maladie évacués, reste la dernière étape vers le retour à la normale: en 2 ou 3 semaines un duvet ; en 2 ou 3 mois une certaine structure retrouvée et en général au bout d’un an une chevelure totalement restaurée, en évitant les coloration dans les 6 premiers mois et en favorisant les produits naturels pour l’entretien. Enfin souvent le cheveu reste longtemps plus mou, sec avec un entretien spécifique dans lequel là encore le coiffeur peut accompagner.

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