Le foulard comme accessoire de coiffure : histoire, symboles et tendances

Le foulard comme accessoire de coiffure
© Adobe Stock
Longtemps cantonné au rôle de simple morceau de tissu, le foulard est devenu un véritable langage visuel autour du visage et des cheveux.

L’histoire du foulard coiffé est plus riche – et plus subtile – qu’on ne l’imagine. Dès l’Antiquité, les femmes utilisaient un morceau de tissu pour protéger leur chevelure des éléments : poussière, soleil ou transpiration. Avec le temps, ce geste s’est mué en signal visuel, en marqueur social. Comme le rappelle l’étude « Clothing and People : A Social Signal Processing Perspective », « Les vêtements véhiculent un message clair en termes de signaux sociaux. ». Au fil des siècles, le foulard a donc cessé d’être uniquement une protection pour devenir un accessoire chargé de signification, lié à la pudeur, au statut, à la féminité.

Du geste pratique au symbole de féminité

La Seconde Guerre mondiale marque un tournant. Lorsque les femmes intègrent les usines, leurs cheveux doivent être contenus pour des raisons de sécurité ; elles nouent des foulards serrés, aux motifs parfois vifs. L’image de Rosie the Riveter s’impose : le foulard n’est plus seulement un ornement mais un outil de travail, un signe d’entrée massive des femmes dans des espaces publics jusqu’alors masculins. Le foulard coiffé devient, dans ce contexte, une sorte de badge de polyvalence : il tient les cheveux, sécurise, mais affirme aussi une présence nouvelle et visible des femmes dans l’effort de guerre.

Après la guerre, dans les années 1950 et 1960, le foulard reprend un autre rôle : celui du chic, de la séduction douce. À travers des icônes comme Audrey Hepburn, le carré de soie porté en tête ou autour du cou devient un symbole de l’élégance féminine. Il joue alors le rôle de frange entre l’intimité et la vie publique : ni totalement coiffé à la perfection, ni librement lâché, il est ce détail qui encadre le visage, attire l’œil.

Dans les années 1970, le foulard accompagne tout autre chose : la contre‑culture hippie, la liberté vécue, la chevelure longue libérée. Le tissu se noue librement, en bandeau, en turban, en accessoire bricolé. Il n’est plus un symbole de statut ou de stricte élégance mais un outil de pose, de revendication, de visuel bohème. Le foulard dans les cheveux devient ce que la mode appelle un marqueur de rupture : entre héritage bourgeois et expérimentation, entre ordre et flou. Puis viennent les années 1980 et 1990, et avec elles l’affirmation d’un foulard‑bandana à la fois rock, street et sportif. Le bandana rouge ou noir noué dans les cheveux ou sur le front incarne une appartenance à une scène, un mouvement, un état d’esprit. Il marque une attitude, un reste de la coiffure normale et convenable mais transgressé. Dans les années 90/2000, ce sont les silhouettes sportives qui adoptent le foulard : autour de la tête, sur la queue‑de‑cheval, parfois même au poignet ; il s’intègre au mouvement, à l’athlétisme urbain, au sweat, à la danse. Il ne s’agit plus seulement de décorer, mais de s’équiper, de bouger, tout en signalant une forme d’attitude.

Aujourd’hui : foulard romantique, créatif et instagrammable

Aujourd’hui, le foulard coiffé connaît un retour en grâce et en complexité. Les tutoriels abondent sur les réseaux sociaux, montrant comment nouer un foulard de soie pour transformer une queue‑de‑cheval, une tresse ou un chignon flou. Le foulard se fait romantique, travaillé, parfois luxe : la maison Hermès en a fait un accessoire iconique, décliné en motifs, en versions mini, en jeux de textures. Dans cette redécouverte, le foulard ne protège plus seulement ou ne recadre plus seulement le visage : il devient un terrain de créativité, un clin d’œil à l’histoire tout en se projetant dans l’instantané d’Instagram. Et puisque « fashion is instant language », la façon de nouer un foulard, l’angle, la chute, tout cela devient un micro‑récit visible.

À travers ces époques, le foulard coiffé, en dépit de sa taille modeste, raconte un grand récit : celui des femmes, de leur visibilité, de leur style, de leur place. Il passe de la protection à la performance, de la pudeur à l’affirmation, de la neutralité au luxe créatif. Pour un salon de coiffure ou une marque, comprendre cette histoire permet de proposer non seulement un accessoire mais un récit : celui d’un objet qui voyage dans le temps, traverse les classes, traverse les styles, et revient aujourd’hui comme un accessoire à la fois ancré dans une tradition et librement réinventé.

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