Pourquoi avez-vous créé cette marque ?
Kevin Murphy : Sans grands calculs stratégiques ! L’offre ne me convenait pas pour répondre à la diversité des cheveux et des textures. Je n’aimais pas non plus le discours négatif parlant de « cheveux secs », « sans vie » ou « abîmés », que les gens prenaient comme une appréciation négative d’eux-mêmes. Je préférais parler de solutions et d’adaptation des produits aux spécificités de chacun. Cela, tout en restant technique, sans perdre de vue le plaisir de l’application, des parfums subtils et des galéniques agréables, le tout avec des produits plaisants à regarder ! Il ne faut pas oublier que les produits doivent rester connectés à une demande liée à la mode et aux tendances. Au début, j’ai d’ailleurs plus pensé à la création de looks, la technique venant en second, comme un outil. Je n’ai pas élaboré des produits pour avoir des centaines de petites bouteilles avec mon nom dessus, mais pour me permettre de créer les images que je voulais !
Qu’en est-il de l’approche écoresponsable en cosmétique ?
K.M. : Il était logique pour moi, dès l’origine, d’utiliser au maximum des ingrédients naturels et de ne pas perdre de vue le développement durable. Je suis heureux que ce soit devenu une évidence pour toutes les marques. En Californie, ils réfléchissent à instaurer une taxe sur ce qui n’est pas recyclable. J’aime l’idée de responsabiliser les choix de chacun. Dès les années 90 l’idée faisait son chemin, avec la prise de conscience qu’utiliser des dérivés pétroliers n’était pas idéal. On ne pensait pas encore à l’impact environnemental mais on réalisait que ce n’était pas très pérenne et que les remplacer par des plantes, qui repoussent tout simplement, serait une meilleure approche. Cela m’a inspiré pour ma propre marque. Le travail n’est jamais terminé car les connaissances évoluent, y compris sur les effets indésirables de certaines substances, il faut constamment s’adapter. Par exemple nous ne pouvons, pour le moment, nous passer de plastique mais nous pouvons l’utiliser moins, mieux et le recycler, y compris pour les bouchons.
Le marché australien est-il différent de celui de l’Europe ?
K.M. : Il y a plus de ressemblances que de différences selon moi. Bien sûr nous avons tous notre culture mais certaines aspirations sont communes, dont la prise de conscience écologique. Il en est de même du côté des tendances. Que l’on soit décontracté ou plus habillé, on ne veut simplement plus avoir des looks surchargés. La simplicité élégante fonctionne pour tous et c’est une vision que l’on retrouve partout. La subtilité est un style à part entière, même si elle n’empêche pas de garder une identité visuelle reconnaissable, à l’instar des marques de luxe. De même, après avoir vu beaucoup de gros volumes ou de boucles, on devrait aller vers un peu plus de lisse, des volumes plus modérés. Les vêtements ont beaucoup joué les coupes XXL, il faut des contrepoints.
J’ai 10 ans !
La marque Kevin Murphy a 20 ans et officiellement 10 ans en France, un double anniversaire fêté en fanfare à Paris le 1er décembre à L’Elyseum. La communauté s’est retrouvée lors d’une soirée sous l’angle de la diversité des styles avec démonstrations, présentation des nouveautés, mise en avant des salons les plus performants et, tout simplement, plaisir de se retrouver.

