Coiffeurs solidaires : des professionnels au grand cœur

Coiffeurs solidaires : des professionnels au grand cœur
© Sarah Ellero
Sensibilisés par la précarité et le désarroi des populations fragiles, certains coiffeurs n’hésitent pas à quitter pour quelques heures leur salon afin de couper gratuitement dans la rue les cheveux des plus démunis. Et ce, pour les aider à retrouver une belle image d’eux-mêmes et faciliter leur réinsertion sociale.

Coiffeur généreux et ultra-sensible, Bruno Morel propose depuis quelques années ses services aux SDF de la ville d’Avignon. Un acte solidaire qui lui semble tout naturel… Humble, ce professionnel se souvient que lui aussi a traversé des périodes de vie compliquées. Il y a 20 ans, il a en effet dû quitter précipitamment le salon de coiffure dans lequel il travaillait. Une décision lourde de conséquences sur le plan financier. « J’avais du mal à subvenir à mes besoins. On m’a coupé l’électricité et elle est revenue un jour à mon domicile comme par miracle ! À l’époque, je coiffais gratuitement une dame d’un certain âge que j’estimais beaucoup. Je lui avais raconté ma situation et elle est allée régler mes factures sans me prévenir. J’ai tellement été touché que je me suis dit que je devais, moi aussi, aider les autres ! »

David Kodat, fondateur des salons éponymes à Strasbourg, n’oublie pas non plus les années difficiles vécues avec ses parents, immigrés d’origine turque. « Mon père ne parlait pas français et s’est fait escroquer par une personne peu scrupuleuse. On s’est retrouvés expulsés de notre appartement du jour au lendemain. Sans la main tendue d’un voisin, nous aurions vécu sous les ponts. » Depuis, le coiffeur se balade régulièrement dans les rues de la capitale alsacienne pour proposer des coupes gratuites.

Fondatrice et dirigeante de l’association Coiffure du cœur, Hélène Boiron organise, elle, des maraudes avec des coiffeurs bénévoles dans plusieurs villes de France. Touchée par la maladie il y a quelques années, elle a eu à son tour envie d’aider les autres. « J’ai failli mourir et depuis, mes priorités ont complètement changé. Je veux faire du bien autour de moi ! »

Fondateur du salon de beauté parisien Thiedesarts, Thierry Deschemin a travaillé pour de prestigieuses maisons de coiffure. Homme de conviction, il a rejoint les Restos du cœur et intervient depuis 1991 comme coiffeur durant les concerts des Enfoirés*. En 2008, il crée, grâce au soutien de Véronique Colucci, alors présidente de l’association, Les Coiffeurs du cœur. « J’ai coiffé gratuitement les 24 et 31 décembre 2008 et j’ai été très touché par la générosité des personnes rencontrées,se souvient-il. J’ai gardé le contact avec certaines d’entre elles. C’était une manière de m’assurer qu’elles allaient mieux. » Car oui, offrir une coupe ou un coiffage aide moralement la personne fragilisée et peut constituer une première étape vers la réinsertion. « Lorsque je coiffe les SDF, je les incite à oser frapper aux portes des employeurs et à ne pas perdre espoir. Lorsqu’ils retrouvent du travail, je suis le plus heureux des hommes ! », s’exclame Bruno Morel. 

Action

Avant de coiffer sur le bitume, les coiffeurs solidaires rejoignent souvent les associations d’aide alimentaire pour un premier contact avec le public précaire. Puis, très vite, l’idée de mettre à disposition leurs talents de coiffeurs germe ! « Dans le cadre d’une association, j’ai d’abord distribué de la nourriture et des vêtements. Un jour, j’ai compris que ma formation en coiffure pouvait apporter un autre type d’aide », ajoute Hélène Boiron. Aujourd’hui, les salons de rue éphémères Coiffure du Cœur continuent de se développer dans l’Hexagone en proposant gratuitement des coupes à sec et des produits d’hygiène. « Même si cela se passe toujours bien, le travail en groupe est plus rassurant pour les bénévoles »,lance la dirigeante de Coiffure du cœur. Un avis que ne partagent pas certains coiffeurs solidaires, préférant garder leur indépendance et œuvrer en solo. C’est le cas de David Kodat. « Mon rythme de travail au salon m’empêche, dorénavant, de planifier à l’avance des séances de travail avec les associations. Je préfère partir seul dans les rues avec mon matériel dès que j’ai un moment de liberté », explique le coiffeur strasbourgeois.

Entraide mutuelle

De nombreuses études prouvent qu’aider les autres nous fait un bien fou. Pour Thierry Deschemin, il s’agit de « moments de partage uniques et incroyables ». Bruno Morel estime, lui, que ces rencontres enseignent la tolérance et le non-jugement. David Kodat confirme la tendance et a même choisi de sensibiliser les écoles de coiffure à la cause solidaire. « J’invite les élèves à me suivre dans la rue et à couper, avec moi, les cheveux des SDF ou autres personnes dans le besoin. Les jeunes sont extrêmement émus et n’oublient jamais cette expérience ! »

* Retrouvez les prochaines dates des concerts des Enfoirés au profit des Restos du cœur sur www.enfoires.fr
** Sophie Robert est aussi fondatrice et dirigeante de l’espace Atipick Salon, à Saint-Nazaire.

Etude

En avril dernier, un rapport d’étude réalisé par l’agence du Don en nature et la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) a confirmé l’impact positif des produits cosmétiques, d’hygiène et de beauté. Parmi les 422 personnes précaires interrogées, 83 % reconnaissent que ces produits, dont les soins pour cheveux, améliorent l’estime de soi et facilitent l’insertion sociale.

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