NOS EXPERTS

La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Brice Thiron, Florence Baumann assisté de l' éditeur Christian GUY ainsi que d' autres contributeurs occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR,  Vous bénéficiez ainsi de plus de 75 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels,  dans tous les métiers.

POSER VOS QUESTIONS POSER VOS QUESTIONS POSER VOS QUESTIONS
06 mars 2011

Pensez vous que cela vaille la peine d' organiser des concours entre collaborateurs ?
Quels avantages et risques?
Merci

Entretenir une -saine- émulation entre collaborateurs, booster le business... Certains coiffeurs votent pour, grâce aux concours !En gros, les concours se divisent en deux grandes familles : les challenges sur la vente (de produits, éventuellement aussi de certaines prestations), et les concours de type «artistique». Le principe étant, schématiquement, dans un cas de «booster» le business, et dans l’autre, de stimuler la
créativité des équipes. Ce qui rejaillit d’ailleurs aussi sur le chiffre d’affaires.

INSTALLER LE RÉFLEXE «REVENTE»
«Dans notre groupe, développe Max Colléatte (salons Max’s et Chic et choc, dans le Pas-de-Calais et le nord-est de la France), on organise 3 ou 4 challenges dans l’année, souvent en relation avec des promotions ou des offres à la clientèle.» Ainsi, en janvier, l’opération Pyramide porte sur la couleur, la forme, la revente. «Les collaborateurs remplissent une grille, formée de petites cases alignées en pyramide. Grosso modo, les premières lignes correspondent aux demandes habituelles de la clientèle ; plus le collaborateur «monte» dans la pyramide, plus il gagne.» Chaque ligne correspond à un montant en euros, qui sera ensuite converti en chèque-cadeau. Difficile de fixer une durée idéale pour les challenges. «Méfiance vis-à-vis des opérations «coup de poing», type 15 jours, avertit Marc Marincamp (Viva la Vie) : le risque, c’est d’aboutir à un forcing auprès de la clientèle parce qu’il y a le fer à repasser à gagner...» L’idée étant au contraire d’installer le réflexe «revente» dans la durée. Chez Philippe Tapprest, le challenge «revente et prestations» court sur toute l’année. «Pour que la pression ne retombe pas, on affiche les résultats mois par mois dans la salle du personnel.» Un livret récapitule les cadeaux à gagner, avec en face le nombre de points. Chaque produit vendu rapporte un certain nombre de points. «En ce moment, comme je souhaite développer l’esthétique, notamment la pédicurie et la manucurie, toute prestation vendue dans ces deux domaines rapporte aussi des points.» Si l’on ne veut pas que ce soit «toujours les mêmes» qui gagnent, on peut changer régulièrement les règles du jeu. Ainsi, dans le groupe de Max Colléatte, certains challenges portent non pas sur le chiffre «brut», mais sur la meilleure progression par rapport à l’année précédente. «Chacun a ainsi une chance de gagner !» souligne Max Colléatte. Comme l’objectif affiché est que chacun progresse, il est bienvenu d’établir un lien avec la politique de formation du salon : stages revente pour ceux qui ont du mal, par exemple...
ARTISTIQUE : AGITATEUR DE CRÉATIVITÉ...
Philippe Tapprest organise aussi 3 fois par an un concours axé «artistique», qui voit ses 2 salons s’affronter. Sans thème, mais avec une consigne : un résultat commercial et moderne qui reflète la philosophie Philippe Tapprest, c’est-à-dire des cheveux sains et brillants. «C’est un peu comme à la Star Ac’ ! Chaque équipe doit non seulement réaliser un modèle complet (coupe, couleur, maquillage), mais aussi être capable de présenter son travail sur scène, et d’en parler de manière professionnelle.» Parfois, le concours artistique prend l’aspect d’un «one shot» : dans le groupe Max Colléate, plutôt tourné vers les challenges revente ou prestations, une compétition artistique a pimenté la soirée qui célébrait les 30 ans du groupe.
Pour ce type de compétition, les collaborateurs peuvent-ils s’entraîner sur les heures de travail ? Délicate question... «Chez nous, c’est exclusivement sur leur temps de travail !» affirme Magaly de Geyter (Carré d’Art, à Reims). «ça doit rester un plaisir...» Dans certains salons, c’est moitié-moitié... sachant que tout ce qui touche aux horaires de travail est hautement sensible. Donc, si une partie des entraînements se font sur le temps personnel, il faut vraiment que ce soit sur la base du volontariat.

COCKTAIL ET RÉCOMPENSE
Quelle récompense pour les gagnants ? On observe que les challenges «revente» débouchent en général sur des récompenses «monnayables», alors que les concours centrés sur l’artistique s’organisent plutôt autour d’un trophée, de marques de reconnaissance, comme accompagner le responsable en plateau, participer à un salon professionnel... Mais ce n’est pas une règle d’or ! Ce qui marche à tous les coups : les chèques-cadeaux. «On constate une saturation des montres et autres objets qui ne correspondent peut-être pas du tout aux goûts des collaborateurs», note Max Colléatte. Bien aussi : tout ce qui touche à l’outillage, sèche-cheveux, ciseaux, rasoir, etc. Les fournisseurs peuvent vous aider, notamment pour les challenges revente. Et bien sûr, incontournable, surtout pour les concours «artistiques» : le cocktail, voire la soirée qui suit le choix du vainqueur et la remise de la récompense. L’idée étant aussi d’en faire un rendez-vous festif ! Cependant, le reproche récurrent est que les concours et autres challenges nuiraient à l’esprit d’équipe en favorisant la compétition. En fait, tout dépend comment c’est géré... Philippe Tapprest a trouvé la parade : «En parallèle, je fixe aussi un objectif collectif sur le chiffre d’affaires : s’il est atteint en fin d’année, tout le monde touche une somme qui est placée sur un PEE.» Organiser des concours, c’est aussi la quasi certitude d’avoir des surprises et de découvrir ses collaborateurs sous un autre jour. «Presque chaque année, je suis étonné», confirme Francis L. Rhod. «Ce ne sont pas forcément les équipes les plus fortes en matière de chiffre d’affaires, ni les jeunes les plus doués qui gagnent... Peut-être parce que ceux-là abordent le concours un peu en dilettante ?» Et de citer le cas d’une jeune stagiaire japonaise, arrivée depuis peu, qui une année remporta les 3 épreuves de sa tranche d’âge... «L’un de mes 2 salons troyens fonctionne un peu moins bien que l’autre», note pour sa part Philippe Tapprest. «Je croyais que l’équipe était un peu moins bonne sur le plan artistique, et bien non ! C’est elle qui a gagné le concours... Il m’a fallu trouver une autre explication.» Alors, prêt à vous laisser surprendre ?

VIVA LA VIE
«vérifier que la formation passe»

Chaque année, le groupement Viva la Vie met en place un grand concours entre ses salons, sur la base du volontariat, avec des éliminatoires régionaux. L’an dernier, 28 salons ont participé, et 10 se sont qualifiés pour la finale. «C’est un concours destiné aux collaborateurs», explique Marc Marincamp. «Seuls ou en duo, ils doivent travailler tout un après-midi sur le même modèle, d’abord selon un thème «naturel», puis «glamour», enfin «rebelle». Règle du jeu : à chaque stade, ils doivent travailler sur la même base, pouvant ajouter, ôter, voire couper des vêtements, mais sans rien renouveler». Pour Marc Marincamp, «ça apporte de la vie à l’intérieur du groupement, ça permet de vérifier que la formation passe.» Deux collaboratrices de Magali Bénier (salon «Orjade» à Trélazé, près d’Angers) ont remporté le Grand Prix en 2006. «J’ai fait moi-même des concours, et je sais que ça apporte beaucoup sur le plan artistique mais aussi au niveau de la confiance en soi. Or mon apprentie BP était très timide... Je l’ai poussée à le faire, et depuis sa réussite, elle est métamorphosée ! Pour mon salon, c’est valorisant auprès de la clientèle, on en a parlé», estime Magali.


CARRÉ D’ART (REIMS)
«Formateur et gratifiant»

Les concours, chez Carré d’Art (3 salons à Reims), on connaît. Lauréat du Mercure d’Or, qui voit s’affronter toutes les catégories d’artisans et de commerçants, Grand Prix pour la France du Global Business Awards, l’entreprise a plusieurs fois été récompensée pour son dynamisme. Et quand des collaborateurs ont l’occasion de participer à des challenges, par exemple inter-CFA pour les juniors, «on les y encourage», note Magaly de Geyter, l’une des 3 responsables. L’an dernier, Carré d’Art a franchi une étape supplémentaire en lançant un concours annuel entre sa trentaine de collaborateurs, centré sur l’artistique. «L’idée : exploiter les tendances, l’univers decouleurs de l’année, pour créer sa propre «image de l’été». les collaborateurs se répartissaient en équipes de 3, l’un chargé de la couleur, l’autre du coiffage, le dernier du maquillage. C’est du volontariat, mais presque tous participent.» Bien sûr, tout se clôt par un cocktail festif. Récompense ? L’équipe gagnante part à Londres pour le Hair Beauty Show. «Ce concours les oblige à former des équipes, à échanger des points de vue sur la couleur, à faire des recherches dans les magazines...» estime Magaly de Geyter. «Vraiment, c’est formateur et gratifiant.» Le business ne perd pas pour autant ses droits. «Avoir une réflexion personnelle sur les tendances du moment permet aussi aux collaborateurs d’en parler à la clientèle.» Le jury comprend entre autres l’agence de communication en charge de l’image du salon, un styliste rémois, et, innovant, certains «collègues coiffeurs» de la ville. «D’ailleurs, on envisage de créer un événement encore plus beau en incluant un de nos confrères dans le prochain concours !» Affaire à suivre, donc...


FRANCIS L. RHOD (PARIS)
«Les concours forment la jeunesse!»

Chez Francis L. Rhod (8 salons à Paris et en régions, une cinquantaine de collaborateurs), les concours sont entièrement axés sur l’artistique. Deux niveaux existent, entre les juniors du groupe, et entre les salons. Ainsi, une fois par an, les juniors, répartis en 3 niveaux (1ère ou 2ème année de CAP, BP), passent 3 épreuves : coupe d’inspiration libre, travail de coupe et couleur adossé aux collections du groupe, chignon «libre». Le jury est interne au groupe. Pour Francis L. Rhod, «c’est un des éléments qui me permet de juger de leur progression en fin d’année. C’est aussi le moyen de faire ressortir les meilleurs d’entre eux : ensuite je les emmène sur des plateaux, en séances de photos...» Une fois par an également, un trophée inter-salons permet à chaque équipe de présenter, en une vingtaine de minutes, un mini-show centré sur la collection de l’année. Là, le jury, outre des membres du groupe, accueille des «extérieurs» -journalistes, maquettistes, photographes... L’idée est, ainsi, de créer une dynamique interne motivante au sein de chaque salon, axée sur la création.