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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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15 février 2011

Que restera t il vraiment pour ma retraite, c'est une question que moi et des confrères se posent sérieusement ?

Merci

Parmi les sujets de mécontentement évoqués par nos lecteurs, on trouve fréquemment... le montant de leur retraite. Réalité ? Ou simple ressenti après une vie consacrée à faire vivre et prospérer un petit commerce ? Jacques Guinefoleau, retraité installé près d'Angers, a fait ses comptes : "J'ai travaillé environ 23 ans comme salarié, et 21 ans en tant qu'employeur. Au terme de cette vie professionnelle bien remplie, j'arrive à peine à 1 000 euros par mois de retraite... Mon épouse, qui travaillait avec moi en tant que conjointe salariée, est donc devenue assistante maternelle, ce qui nous permet d'arrondir nos fins de mois." "J'ai 40 ans, la retraite est donc encore un peu éloignée de mes préoccupations. Mais mon mari a 53 ans, il a calculé ce à quoi il aurait droit : apparemment ce sera de l'ordre de 800 à 900 euros par mois", confirme Brigitte Sicard, à la tête avec son mari Joël des 2 salons "Les Inédits" à Tours.

 COMMENT ÇA MARCHE ?
En fait, la retraite des artisans a un fonctionnement assez proche de celle des salariés. Les artisans cotisent durant leur vie professionnelle au RSI (Régime Social des Indépendants), issu de la fusion entre l'ex-Cancava et 2 autres caisses de travailleurs indépendants. Une fois à la retraite, ils perçoivent une pension dont le montant dépend de ce qu'ils gagnaient en activité (donc de leur bénéfice déclaré).
Globalement, la retraite de base à taux plein équivaut à 50 % du "revenu annuel moyen de base", à quoi s'ajoute la retraite complémentaire obligatoire (environ 19 % de ce revenu moyen). Quant à ceux, nombreux, qui ont été dans leur vie salariés puis chefs d'entreprise, l'ensemble de leur vie professionnelle est pris en considération, et la retraite est calculée au prorata du temps passé dans le salariat et en tant que travailleur indépendant.
Comme les salariés, les artisans subissent les effets de la réforme des retraites. Traditionnellement, le "revenu annuel moyen de base" pris en compte pour calculer le montant des pensions est celui des "meilleures années" d'une carrière. Sauf que peu à peu le nombre de ces "meilleure années" passe de 10 (jusqu'en 1994) à 25 (en 2013). Ce qui n'est pas franchement la même chose... D'autre part, et cela c'est connu, artisans comme salariés doivent peu à peu justifier de 40 ans d'activité pour prétendre à une pension à taux plein (soit 160 trimestres), durée qui passera progressivement à 41 ans entre 2009 et 2012.

 MAIS ENCORE...
Fort bien. Mais cela suffit-il à expliquer la faiblesse des retraites des coiffeurs, maintes fois pointée ? D'abord, cela montre que les bénéfices réalisés dans une grande partie des salons, grevés par diverses charges, n'ont rien de mirobolant. D'autant qu'à l'heure du chèque et de la carte bleue, les coiffeurs haussent les épaules face aux accusations voilées de "black".
Il faut savoir aussi que, contrairement aux salariés, un chef d'entreprise individuelle ne "valide" pas forcément 4 trimestres par an. Une année de travail compte forcément pour 4 trimestres pour tout salarié qui travaille à temps plein, même s'il est smicard. En revanche, un artisan dont les revenus sont faibles peut ne valider que 3, voire 2 trimestres alors qu'il aura tout de même travaillé une année pleine... Plus précisément, "pour qu'un trimestre soit pris en compte", explique-t-on du côté du RSI, "il faut que la personne ait déclaré un revenu minimum de 200 Smic horaires bruts (soit 800 Smic horaires sur l'année pour avoir ses 4 trimestres)."
Ce qui, avec 1 654 euros trimestriels à déclarer au minimum pour valider le trimestre, placerait le coiffeur bien en-dessous du Smic s'il n'atteint pas cette somme ; mais cette situation peut tout à fait se produire lors du démarrage d'une affaire ou en cas de difficultés... Bref, les périodes de vaches maigres pèsent sur le montant de la retraite à un double niveau : non seulement parce que ça fait baisser le revenu de référence (ça on s'en serait douté), mais aussi parce que ça diminue le nombre de trimestres validés.
Autre paramètre, pointé par la Mutuelle Nationale de Retraite des Artisans (MNRA), qui commercialise des produits d'épargne retraite destinés aux artisans. Sur son site, la MNRA explique que la retraite complémentaire obligatoire des artisans se rapproche nettement plus de celle d'un non-cadre que d'un cadre, pour des questions de cotisations. Ainsi, au-dessus du fameux plafond de la Sécurité sociale, le taux de cotisation du RSI (ex-Ava) n'est que de 7 %, au lieu de 16 % pour les caisses complémentaires de cadres. D'où une retraite complémentaire de non-cadre, même pour les artisans dégageant de bons revenus... et malgré un passé de chef d'entreprise !