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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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19 février 2011

Bonjour,

Pourriez vous m' indiquer quels sont les étapes et le calendrier pour aménager mon futur salon ?

Cecile

Bonjour Cecile,

Lorsque l’on crée une affaire de A à Z ou qu’on en rachète une pour la transformer, il peut s’écouler plusieurs mois entre les premières prises de contact avec l’agenceur et la livraison du produit fini. Souvent 4, voire 6, et c’est normal. Car il y a du pain sur la planche...

UNE QUESTION DE FEELING
Première phase : il faut définir un budget précis, «qui sera lié à la manière dont on organise la rentabilité de son salon, au prix qu’on pratique pour ses services», souligne Sébastien Chaume (IP1, Paris). Ensuite, on n’hésite pas à consulter plusieurs sociétés. Il existe des agenceurs de salons de coiffure sur tout le territoire, qui sont en lien avec des artisans «tous corps d’Etat». Garantie selon eux de sérieux dans l’exécution des tâches et de respect des délais, certains d’entre eux travaillent exclusivement avec des architectes DPLG, inscrits donc à l’ordre de leur profession. Pour d’autres, c’est surtout l’expérience et la bonne connaissance du milieu de la coiffure qui prime. Au-delà de ces querelles d’école, l’idée est avant tout de choisir l’agenceur avec lequel le feeling passe... car c’est avant tout un travail d’équipe.
A noter : l’implication du partenaire peut être plus ou moins importante, allant du bureau d’études qui assure la maîtrise d’œuvre totale (suivi de chantier, etc.) à la société qui se contente de mettre en relation le coiffeur avec différents artisans. Certains, comme la société Mustal à Reims (groupe ACB), laissent le choix entre les deux solutions. Des sociétés telles que Coopéré-Schitter (distributeur des marques Cindarella, Salon Ambience, Gamma, Palladium) proposent aussi des possibilités de financement liées à l’acquisition du mobilier.
Cette première étape, qui peut durer 1 à 2 mois, est parfois l’occasion de faire table rase de ce qu’on souhaitait au départ. «On voit aujourd’hui tellement de revues de déco que parfois, les gens partent sur un projet inadaptable dans leurs volumes», souligne Jean-Christophe Filez (société AC2A à Strasbourg). «De plus, nous ne pouvons pas refaire à l’identique ce qu’on a fait un an ou deux auparavant.» «Souvent, en cas de première installation, les coiffeurs pensent que plus ils auront de coiffeuses, mieux ce sera», observe Danielle Cierlak, responsable du mobilier chez Coopéré-Schitter. «C’est parfois à nous de leur faire comprendre qu’il vaut mieux démarrer avec 3 coiffeuses et assurer le confort de la cliente». On évite aussi les effets pervers style fauteuils vides.


DÉLAIS ET DÉMARCHES
Une fois le devis signé, il faut la plupart du temps patienter avant le démarrage des travaux. D’une part en raison de délais incompressibles liés aux fournisseurs : carrelage spécifique, mobilier... L’étape administrative est elle aussi à prendre en compte, surtout lors d’une création ou d’une rénovation avec modification de façade. Ainsi, une démarche doit être faite auprès de la mairie pour ouvrir un salon : le dossier sera ensuite visé par différents services (sécurité, etc.). Une autorisation est aussi nécessaire pour modifier la façade, afin de vérifier que le projet va bien s’intégrer dans l’environnement. De plus, si le salon se trouve dans une zone «Bâtiments de France», c’est-à-dire à proximité d’un monument historique, les démarches seront un peu plus longues (jusqu’à 2 mois) : on ne peut pas faire n’importe quoi à côté d’une cathédrale !
Une fois les travaux lancés, ils peuvent être bouclés, selon leur importance, entre 10 et 15 jours pour une rénovation et 3 à 4 semaines, dans l’idéal, pour une création depuis le «brut de béton» ! «En cas de rénovation, beaucoup de salons voudraient fermer le moins de temps possible et nous tannent pour tout terminer en 9 jours», pointent les professionnels. Une exigence compréhensible... mais difficile à concilier avec le souci de qualité. Reste la solution, pas vraiment prisée par les agenceurs, de rénover une moitié du salon après l’autre, l’affaire restant ouverte. Ce qui nécessite, si l’on ose dire, une organisation béton, pour préserver au maximum sa clientèle du bruit et de la poussière.

BUDGET : UNE AFFAIRE DE COMPROMIS
Au total, en partant de zéro, il faut bien compter entre 750 et 1 500 euros le m2... et cela peut monter jusqu’à 2 000 euros le m2 selon la qualité des matériaux et du mobilier choisi ! «Pour le coiffeur qui reprend un local «brut de béton», la maçonnerie représente un poste important (cela peut aller de 10 à 20 000 euros) : création d’un sol, de cloisonnements, doublage des murs...», souligne Hervé Lemaître (AC3D, Paris). L’électricité pèse également dans le budget (8 000 à 10 000 euros), tout comme la façade qui nécessite l’intervention de nombreux corps de métier (miroitier, serrurier, etc.). La plomberie est souvent présentée comme moins onéreuse, tout comme la peinture. «Cela dit, tout peut être cher, c’est une question de priorités», note Patrice Bertrand (AD9, Paris). «Par exemple, dans les salons dont nous nous occupons, les postes plomberie et menuiserie sont souvent assez élevés, car nous optons pour des installations de plomberie chères mais sans souci et faisons pas mal d’agencement.»
Aujourd’hui plus que jamais, pour des questions de temps et d’argent, agencer ou rénover totalement un salon, c’est faire des compromis. Et s’il y a des postes sur lesquels il ne faut pas lésiner, c’est bien l’électricité et la plomberie... le gagne-pain du coiffeur ! «S’il n’y a plus d’eau chaude à 15 heures, pendant les jours de forte affluence, c’est embêtant», sourit Patrice Bertrand (AD9). «De même, un éclairage de qualité est important à la fois pour bien travailler et pour donner une ambiance sympa.» En revanche, la peinture des murs, par exemple, est moins fondamentale.
Le mobilier peut représenter 10 à 20 %, voire un tiers de la facture totale. A ce niveau, s’il faut faire des choix, le confort du bac est primordial (penser aux bacs massants). Il est bien de pouvoir essayer les fauteuils, par exemple lorsque le vendeur dispose de show rooms. «Nous faisons livrer le mobilier chez nous, nous le contrôlons, puis on monte le tout chez le client», note Thierry Marchand (société Mustal). Avec la mode des «salons appartements», on voit de plus en plus de mobilier chiné... voire acheté dans les grandes surfaces d’habitat. Ca peut être très joli... mais attention à la fonctionnalité et à la conformité ! «Ainsi de certains miroirs, qui présentent une légère déformation, et sont très fins, d’où des risques de cassure», précise Hervé Lemaître (AC3D).
Aujourd’hui, on veut, par l’agencement de son affaire, se différencier des concurrents, et aussi se sentir heureux de pousser la porte de son salon chaque matin. Le jeu en vaut donc la chandelle

RÉNOVER... TOUS LES COMBIEN ?
Vaste question... On a tous en tête le fameux chiffre de 7 ans, qui correspond en fait à une réalité comptable et fiscale plus que commerciale. En effet, les emprunts contractés s’amortissent généralement sur 7 ans, d’où le conseil souvent donné de rénover à la fin de ce laps de temps. Cela dit, aujourd’hui les clientes attendent que leur coiffeur se renouvelle et elles se lassent vite. La solution ? Peut-être rénover un peu plus souvent, tous les 2-3 ans, mais «par petites touches»... On peut dans un premier temps faire évoluer la peinture des murs, puis changer l’enseigne, ou les fauteuils...


AGENCEZ MALIN
Côté vêtements, on navigue aujourd’hui entre Zara, H&M et les dépôts-vente, en guise de logement on retape un atelier... La dureté des temps n’épargne personne... même pas les coiffeurs ! Et le «premier prix» a aussi ses adeptes. Du coup, deux attitudes coexistent : ceux qui déplorent que certains coiffeurs «achètent du prix»... et ceux qui en prennent acte et décident d’exploiter ce marché.
Sébastien Chaume (société IP1) a ainsi pris le parti de se positionner sur un large éventail de prix : «Pour une même surface, je peux proposer plusieurs solutions : haut de gamme, milieu de gamme, économique.» Ce qui n’empêche pas le coiffeur de panacher. De même qu’une femme va mixer un top Zara avec une jupe Vanessa Bruno, «les gens peuvent être sensibles à tel ou tel article design ou d’avant-garde mais hors budget, souligne Sébastien Chaume, puis ils rééquilibrent en jouant sur d’autres postes.»
Autre possibilité : opter pour du mobilier d’occasion. Cela concerne souvent les premières installations -en général, l’achat du fonds a déjà largement entamé le crédit bancaire-, ou les affaires situées sur des créneaux d’entrée-moyen de gamme, dans des quartiers populaires. Mais il n’y a pas de généralité ! Sébastien Chaume rachète les meubles de coiffeurs qui arrêtent le métier ou refont tout leur salon et les revend d’occasion. Ses critères : des pièces de qualité, en bon état ou pouvant être réparées. «A marque et article égaux, le client paiera une pièce d’occasion le tiers du prix neuf. Mais je veille toujours à donner le choix : à prix identique, il peut choisir entre un article de haute qualité d’occasion et un «premier prix» neuf».
Enfin, toujours dans l’esprit malin, on peut aussi faire rénover ses fauteuils. La société Sélaneuf, basée à Ivry-sur-Seine près de Paris, en a fait une spécialité. Artisans traditionnels -«et on y tient !»- monsieur et madame Pochon et leurs collaborateurs travaillent toutes les «matières souples» : cuir, simili cuir, tissu... «Nous pouvons réparer des fauteuils, à condition que ce soit des pièces de qualité au départ, sinon ça ne vaut pas le coup», expliquent-ils. «Mais l’essentiel de notre travail consiste à regarnir les fauteuils, par exemple pour en modifier le coloris.» Un bon moyen de changer la déco du salon à moindres frais et de prolonger la durée de vie d’un meuble !


COIFFEUR ET CITOYEN
Aujourd’hui, les commerces qui se créent doivent respecter les dispositions liées à l’accès des «personnes à mobilité réduite»: accès à la boutique, aux toilettes... «Même en cas de rénovation je le prévois, par courtoisie», note Jean-Christophe Filez (AC2A à Strasbourg). «C’est aussi un marché pour le coiffeur : avec une population vieillissante, le nombre de clients munis de cannes ou ayant des difficultés à marcher va se multiplier.» Autant ne pas les laisser de côté !

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