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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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25 février 2011

Quel est votre avis sur l' offre d' équipements et de logiciels de gestion actuelle.? Quels benefices réels?

Merci d' avance

Alain

L’utilisation avancée des logiciels professionnels, au-delà de la saisie de caisse, n’est pas encore entrée dans les mœurs. Mais de la gestion du stock aux tableaux de bord, les coiffeurs progressent. Reste l’étape suivante: la gestion, le marketing et la prospective. La convivialité des interfaces informatiques et leur facilité d’utilisation s’améliorent d’année en année… Conséquence immédiate, la simplicité d’utilisation rend possible l’exploitation, au quotidien, de la majorité des fonctionnalités offertes par les progiciels. Et pourtant... En dessous de 3 salariés, beaucoup estiment l’outil informatique surdimensionné. Une  erreur si l’on veut visualiser en temps réel les performances de l’entreprise, lancer des  mailings réguliers -y compris par e-mail ou SMS- ou opérer un suivi des dates anniversaire des clientes sans avoir à éplucher constamment son fichier manuellement (ce que l’on ne fait de toute façon jamais) !

FAIRE ENTRER L’INFORMATIQUE DANS LES MOEURS

Pour ceux qui sont déjà équipés, on constate qu’à l’usage, les applications bureautiques prédominent. Il n’est ainsi pas rare de voir un terminal informatique allumé, en écran fixe, pendant que le coiffeur continue de gérer ses rendez-vous sur son grand cahier. Quant à éditer une facture, c’est l’application lanterne rouge chez tous les artisans... Les diverses études convergent : seuls 10% à 20% des salons équipés utilisent la majorité des outils mis à disposition par leurs logiciels. Un blocage surtout psychologique, qui s’atténue progressivement, comme le constate Jean-Paul Bernadeau, responsable informatique Panel Vision chez Coopéré. « Auparavant, pour récolter des informations sur l’activité des coiffeurs, nous avions beaucoup de mal. Désormais, les sociétaires nous communiquent sans problème, tous les mois, leurs chiffres pour nos études et le suivi de leur salon. » Les fournisseurs de solutions informatiques prennent même le contrôle, à distance, des ordinateurs pour la maintenance et le dépannage, ou pour héberger les données des salons sans susciter d’inquiétude. Un autre blocage perdure cependant : les tableaux de bord et les graphiques d’évolution de l’entreprise, visibles en direct dans le salon, inquiètent certains patrons. Jean-Luc Moulin, de Fiducial, précise : « avec notre nouveau logiciel, qui intègre des données comptables, le degré d’information va loin ». Mais même si les collaborateurs peuvent avoir accès à ces données, ils constateront aussi que les dépenses et frais fixes rendent difficile une augmentation des salaires si, en parallèle, leur rendement et la revente n’augmentent pas. Fiducial propose ainsi de suivre l’évolution de la rentabilité du salon en direct, en profitant de sa double expertise de vendeur de solutions informatiques (après le rachat de Médialogs) et de réseau d’expertise comptable. Sur ce dernier créneau, on retrouve également Coif’Hair, sous la direction de Didier Caplan. L’avantage de travailler avec des experts-comptables étant de pouvoir suivre non seulement l’évolution de l’activité, mais également celle des charges et l’orientation des comptes.

UNE COURSE À LA SIMPLICITÉ

Reste que l’utilisation comptable en direct est assez rare dans la coiffure pour le moment. Et les fournisseurs se concentrent déjà sur la simplification d’utilisation des données avancées, à l’instar de Médialogs, donc, mais aussi de 3CI, qui propose un outil dédié, à écran tactile, qui simplifie encore l’utilisation (le logiciel reste disponible seul), dans la série VX. Ikosoft (Merlin) et Pivot Point (avec Enzo/Shortcuts) sont sur une ligne équivalente. Par ailleurs, les solutions proposées le sont de plus en plus en pack, sous forme de location intégrant le matériel, le logiciel, les mises à jour et la maintenance. Deuxième voie de développement : un découpage de l’offre pour permettre aux coiffeurs de ne disposer, au choix, que de fonctions basiques de caisse, de fonctions intermédiaires ou d’une utilisation avancée. La souplesse, pour ne pas brusquer les utilisateurs, et les séduire par étapes, c’est une des spécialités de Christian Jakovljevitch, chez Marlix. « A la base, nous sommes développeurs. Intégrer des fonctions complémentaires à la demande, comme nous le faisons pour Franck Provost, n’est pas un problème, y compris une liaison comptable. Mais les coiffeurs, pour l’instant, demandent rarement plus que les tableaux de bord ou les fiches clients. Les statistiques, la gestion ou le recrutement de nouveaux clients ne sont pas dans les usages. Pourtant, beaucoup sont souvent assez curieux de ces sujets lorsqu’ils reviennent de stages chez les maisons de produits. » Jean-Luc Moulin croit en une utilisation de plus en plus experte. « Aujourd’hui, l’ergonomie est presque plus importante que le contenu. Pour autant, l’outil doit être bon, c’est pour cela que nous avons développé les nouvelles fonctions d’Aurane avec une saisie simple de quelques données comptables. Cela permet de mettre à disposition un suivi tant des tableaux de bord que de résultats précis, et cela donne une bonne approximation de bilan en continu sur les 12 derniers mois. On y trouve -avec des bulles d’aide automatique décryptant le langage comptable !- la marge brute approchée, la productivité et la rentabilité. C’est la partie la plus évoluée du logiciel. S’y ajoute une évolution comparée aux autres salons et visuellement très parlante, avec un suivi des variations des différentes activités sur les 3 derniers mois. Les critères de comparaison du salon sont les types de forfaits, l’emplacement et le type d’enseigne. Les plus curieux peuvent facilement affiner et croiser les résultats. »

L’INFORMATIQUE COMME OUTIL DE PROSPECTIVE
Selon la finesse de l’analyse, le logiciel dispose d’un volet gratuit et d’un autre payant. Plus besoin d’être un expert pour utiliser intelligemment un ordinateur : voilà le message que les développeurs veulent faire passer pour qu’enfin, les coiffeurs utilisent plus que 5% des capacités de leurs progiciels. Philosophe, Jean-Paul Bernadeau commente l’utilisation actuelle des outils d’analyse avancés. « Quand tout va bien, les coiffeurs les lisent d’un oeil distrait. Ils commencent à être attentifs lorsque la situation se tend... L’idéal serait qu’ils l’utilisent en continu, pour adapter leur stratégie en fonction de leur évolution et de celle du marché. La prise de conscience progresse... doucement ! » Coopéré lancera prochainement une version de caisse de son logiciel Chromium (formant l’ossature du concept Panel Vision) avec un double intérêt : répondre aux demandes de base de la majorité des salons et... essayer de les faire évoluer vers des fonctionnalités plus avancées

 

TEMOIGNAGES

 

LES TPE ET INTERNET
La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) suit l’évolution de l’équipement informatique et de son utilisation par les artisans. Ceux-ci sont des professionnels aguerris d’Internet depuis des années... surtout à la maison ! En dehors de la caisse, les artisans sont généralement informatisés à domicile, en effet, plutôt qu’au salon. La moitié des ménages possèdent une connexion ADSL, contre moins d’un quart des artisans (à peine plus de 10% dans le secteur beauté).  Moins d’un tiers des artisans possèdent une adresse électronique professionnelle. Quant aux visites de sites sur Internet, sur le podium, on retrouve en premier lieu le suivi des comptes bancaires, loin devant les sites de l’administration, talonnés par les sites des fournisseurs.


DE L’INDIVIDUEL AU COLLECTIF
Conséquence directe de l’informatisation croissante, les coiffeurs commencent à se comparer pour mieux comprendre leur secteur. Les franchises ont été précurseurs sur ce mode de travail, puis les groupements et multisalons s’y sont mis. Aujourd’hui, ce sont les coiffeurs individuels qui ont l’occasion de mieux intégrer l’évolution globale d’un marché pour lequel, il y a encore 5 ans, les données chiffrées manquaient. Aujourd’hui, aux traditionnelles données collectées auprès des artisans par l’Observatoire de la Fédération des centres de gestion agréés se sont ajoutées les études ponctuelles des journaux professionnels, parmi lesquelles le Baromètre de L’éclaireur, mais aussi le suivi de la Fédération nationale de la coiffure avec le programme Score. Puis sont arrivés Panel Vision de Coopéré, et Aurane de Fiducial. Non seulement le suivi en direct de l’évolution du marché en est facilité (avec compilation des résultats en toute confidentialité), mais la recherche de solutions d’optimisation individuelle est également possible. Coopéré a ainsi passé un accord avec le Centre de gestion de la coiffure (Cegeco) pour aider les coiffeurs adhérents à analyser leurs résultats autour de 14 familles de services, tandis que Fiducial se pose en référence grâce à une intégration verticale permettant de pister les données depuis la caisse jusqu’à la macroéconomie sectorielle, avant de redescendre au niveau de l’aide concrète au coiffeur, pour décrypter ses résultats comptables. Le tout se fait instantanément, grâce à une liaison directe entre les logiciels salon de Médialogs et d’Aurane.