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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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30 novembre 2011

J ' envisage tres sérieusement de me lancer sur la marché des enfants.. mais j' hesite encore entre deux options bien différentes.. « Corner » enfants, ou salon dédié ? Qu' en penser ?

Merci pour vos avis..

Eric

A l'époque de l'enfant, sinon roi, du moins précieux, il n'est guère étonnant qu'un vrai service de coiffure se soit développé. Salons spécialisés ou, plus sûrement, espaces enfants qui attirent ensuite les adultes... A petits clients, grandes opportunités ? Un métier spécifique, la coiffure enfants ? Sans doute pas... mais ce n'est pas non plus tout à fait la même chose que de coiffer des adultes. Là, le choix apparaît clairement dicté par des contraintes économiques. Le marché des salons "purement enfants" existe. Mais il est très restreint, et concerne de très grandes villes, telles Paris et Lyon. Certains salons se consacrent presque à 100 % aux petits, coiffant quelques mamans à leur demande. Dans ce cas, l'emplacement est primordial : Island Kid's se situe en plein centre de Lyon, environné de boutiques pour enfants. A Paris, un des salons Coup'Kid se trouve au pied de la Butte Montmartre, et l'autre dans le Passage des Princes, une galerie marchande dédiée à l'univers enfantin ; 1 2 3 Ciseaux se niche dans un quartier aisé et familial de Paris, à proximité du parc Monceau. Et encore Latifa Renault, à la tête d' 1 2 3 Ciseaux, confie-t-elle qu'il s'agit plus d'une passion pour elle. "J'avais pensé lancer une franchise pour enfants", ajoute Sandrine Genêt, à la tête des 2 Coup'Kid, et j'ai vu que ce serait difficile." "Au départ, je souhaitais me consacrer uniquement aux enfants, confirme Sophie (Le Pétard à Mèches à Nantes), mais mon local est grand, et j'ai réalisé que dans une ville moyenne comme Nantes, j'allais rencontrer un vrai problème de rentabilité." Elle a donc séparé son espace en 2 parties bien distinctes, l'une étant dédiée aux bambins. C'est aussi le choix de Christophe Quinart, qui a repris avec un associé le salon FC Kid's Island, dans le 15ème arrondissement de Paris. "Avoir un salon uniquement enfant, c'est une question de quartier, tout dépend des tarifs que l'on peut pratiquer." Chez lui, les bambins représentent un bon quart de la clientèle, et bénéficient d'un espace dédié, suffisamment isolé des adultes pour ne pas les déranger. "C'est intéressant, estime Christophe Quinart, car ils ramènent une clientèle d'adultes." "Vu la concurrence actuelle, c'est un vrai plus", confirme Pascale Guarèse, qui a un corner Vert Tendre dans son salon Pôles générations, dans le 12ème arrondissement de Paris. Ces salons se positionnent donc sur un créneau "famille", revendiqué par exemple par une enseigne telle que Jack Holt. "Tous nos salons comprennent un coin enfants, détaille Mary Holt. Pour nous ils sont importants car ils entraînent leurs parents. Et notre centre de formation propose des stages "coupe enfants" !" Un bon point, car la formation fait parfois défaut.

UN PAYSAGE EN PLEINE RECOMPOSITION
Les enfants, vecteurs de clientèle ? En tout cas, Au pays d'Oscar s'oriente également vers ce positionnement "familial". Car ça bouge dans le monde de la coiffure enfants. Oscar, qui a été pendant longtemps une des références de la coiffure enfantine à Paris, a connu quelques soucis en tentant de lancer une chaîne de salons pour enfants. Au pays d'Oscar, son affaire du 6ème arrondissement, a été reprise voici un an par un ancien salarié de son équipe. Le salon va être transformé au cours de l'été et le concept s'élargit pour évoluer vers une "coiffure familiale". "Bien
entendu nous garderons la spécificité du lieu. Mais tout le monde doit s'y retrouver, explique Simon, le repreneur. Or nous sommes aussi dans un quartier d'ados." Quant à Vert Tendre, l'enseigne spécialisée qui développait salons et "corners" enfants, elle se trouve maintenant, par le biais des rachats successifs, dans le giron du groupe Vog. "Quelques dizaines de "coins enfants" demeurent à travers le pays", explique Franck François. "Nous respectons nos franchisés et continuons à faire vivre le concept. Cela dit, clairement, ce n'est pas un axe de développement prioritaire pour le groupe Vog."

UN UNIVERS SPÉCIFIQUE
Si l'on en croit ceux qui sont présents sur ce créneau, le marché existe et s'est même élargi, du moins en termes d'âge. Les salons élaborent donc une gamme de tarifs différents, allant du bébé à l'ado. En effet, de plus en plus de mamans amènent des bébés de quelques mois. Sans compter que la génétique -alimentation aidant ?- ferait des siennes. "ça fait 45 ans que je suis dans la coiffure, s'exclame Pascale Guarèse, et je me demande si les nouvelles générations ne sont pas en train de muter ! On voit de moins en moins de petits crânes chauves. Dernièrement, j'ai coiffé une petite de 9 mois à qui sa mère pouvait déjà faire des couettes..." Plutôt une bonne nouvelle pour le secteur ! D'autant que les jeunes clients non encore scolarisés permettent de "boucher les trous" aux heures d'école.
A l'autre extrémité de l'enfance, vers l'adolescence, c'est une autre histoire. Certains salons parviennent encore à drainer les ados, jusqu'à 14-15 ans. Mais il y a souvent déperdition, à un âge où les salons adultes ont davantage leur faveur. Rançon, parfois, d'un décor connoté trop "bébé" ?
Qui dit enfants dit en effet déco spécifique, création d'un univers. Fusées, mobilier de designer, salle de jeux et tonalités mauves chez 1 2 3 Ciseaux, meubles vert anis, parme, bleu chez Coup'Kid, châteaux-forts, armures et papillons chez Island Kid's, jouets, voitures et livres pour enfants (Pôle génération, Oscar by Simon, FC Kid's Island)... voire séchoir en forme de canard dans les salons Jack Holt ! Génération DVD oblige, la plupart des salons pour enfants s'équipent d'écrans miniatures qui retransmettent des dessins animés et facilitent donc le travail du coiffeur ! Une option écartée Au pays d'Oscar : "On préfère discuter, rigoler avec l'enfant, créer un lien...", note Simon.

COUPE ET PERSONNEL EN LIGNE DE MIRE
Question services, pas de surprise : la coupe est reine. Et les prestations techniques, quasi inexistantes. C'est bien ce qui cause, en partie, les soucis de rentabilité pour la coiffure enfants. Même si l'on évoque, de-ci de-là, des "mèches de couleur", de légers balayages pour adolescentes ou un "lissage" pour jeunes filles métisses. Certains développent des services complémentaires. Carole, à la tête du salon lyonnais Island Kid's : "Nous faisons aussi des chignons aux petites filles, par exemple pour les mariages, les galas de danse... Pour les anniversaires, on propose de petits maquillages, avec des paillettes." Question revente, il existe quelques lignes de produits pour enfants (voir encadré). Certains vendent barrettes, bandeaux, serre-têtes, voire jouets. Le marché de l'accessoire pour cheveux est cependant difficile. "Nous vendons du haut de gamme", précise Latifa Renault (1 2 3 Ciseaux). Dans le "pas trop cher", la concurrence des chaînes de magasins telles que Claire's est féroce.
Quant aux qualités indispensables, la patience, l'amour des enfants... reviennent comme un leitmotiv. Conséquence : les questions de personnel, déjà tellement importantes, deviennent carrément cruciales. Les périodes chargées sont bien différentes de celles d'un salon classique : le mercredi et le samedi, les après-midi après 16h30, et les vacances scolaires. De plus, tout repose sur le travail de coupe, sur un cheveu souvent fin, avec pas mal d'épis. "Il faut pouvoir en faire beaucoup tout en maintenant un travail de qualité : difficile, donc, de prendre des débutants", estime Sandrine Genêt. D'autant qu'il y a une certaine spécificité de la coupe enfants. "L'épreuve de coupe enfants au BP a été supprimée, beaucoup de candidats la rataient", poursuit Sandrine. Consolation : une fois conquis, les parents d'enfants sont très fidèles. "Aujourd'hui, si j'avais un salon sans clientèle enfants, ils me manqueraient !", conclut joyeusement Pascale Guarèse.

TENDANCES : LA BALLE EST DANS LEUR CAMP !
"L'enfant a de plus en plus la parole... et de plus en plus le choix !", note Sandrine Genêt (Coup'Kid). En mode enfant aussi, les tendances évoluent. Plus classiques il y a quelque temps, les coupes se font aujourd'hui stylées. Carré court, parfois dégradé, pour ces demoiselles, qui plébiscitent aussi le retour des boucles. Pour les jeunes garçons, la diversité des possibles s'accroît : brosse à la Tintin, coupe "à l'anglaise" (bol déstructuré)... Vers
8-10 ans, les cheveux mi-longs, effilés, avec frange dans les yeux "à la surfeur" rencontrent pas mal d'adeptes. En tout cas, l'évolution est claire : de plus en plus, ce sont ces chères têtes blondes ou brunes qui décident !


PRODUITS : UN MINI-MARCHÉ...
Les enfants, un marché ? Une niche, en tout cas. Telle est l'opinion des maisons de produits qui ont mis au point des gammes spécifiques enfants, pensées dans le respect de leurs cheveux. Ainsi, en août dernier, Wella Professionals a relancé Lifetex Kids. Cette ligne de la famille Lifetex comprend 3 produits : un shampooing corps-cheveux, un spray anti-noeuds, un gel. A cette occasion, une animation promotionnelle prévoyait un cadeau-consommateur : pour 2 produits achetés, l'enfant repartait avec une petite montre. Chez L'Oréal Professionnel, la marque Inné, d'emblée positionnée sur un créneau "nature", propose la gamme Tendresse, composée d'un shampooing et d'un soin sans rinçage parfumés au lait de pêche. Par ailleurs, certains grossistes commercialisent des produits pour enfants : shampooings parfumés à la fraise, au coca...


L'IMAGINATION AU POUVOIR
Encore plus que les adultes, les enfants sont sensibles à l'ambiance qui règne dans un lieu, aux animations. Surprises "à la Mac Do" chez Jack Holt, petits cadeaux, certificats de première coupe... Toutes les idées sont bonnes à prendre. "Pour Noël, on se déguise", raconte ainsi Carole (Island Kids à Lyon). "Une fois, on a organisé un après-midi "contes", se souvient Sophie (Le Pétard à Mèches, à Nantes), une autre fois un petit concert suivi d'un goûter. C'était super, on renouvellera !" A chaque rentrée des classes, Coiff'Idis propose une opération spécifique "enfants", centrée autour de 2 personnages récurrents, Lili Couet Couet et Tom la Mèche. Cela passe par une vitrine dédiée et une aide à la mise en place d'une animation à l'intérieur du salon, qui s'appuie sur les shampooings pour enfants, les brosses Disney ou autres fleurs de bain... A la rentrée 2005, l'animation portait sur le thème de Nemo, avec des sacs Nemo et un cadeau offert pour l'achat d'un produit junior.