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La Rédaction de L'Eclaireur www.leclaireur-coiffeurs.com

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L' équipe de la rédaction de L' ECLAIREUR composée de  Eve Laborderie, Brice Thiron et  Catherine Sajno, et tous nos journalistes  ou contributeurs plus occasionnels ont  réuni les archives de L'ECLAIREUR, ainsi que les principaux textes officiels et réglementaires pour vous vous apporter des réponses aux questions classiques que vous vous posez dans le cadre de la gestion et le développement de votre salon. Vous bénéficiez ainsi de plus de 45 ans d' expérience de la coiffure cumulées par nos équipes,  lesquelles ont interviewé  les plus grands professionnels  dans tous les métiers.

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07 mars 2011

; Les réseaux sociaux ( facebook etc.) pour faire quoi ?

Autrefois monopolisé par des étudiants qui échangeaient leurs photos de soirées et jouaient « à qui aura le plus d’amis », Facebook intègre de plus en plus un usage professionnel. Et les coiffeurs jouent le jeu ! Facebook est ce qu’on appelle un « site de réseautage social » : tout un chacun peut créer sa page Facebook, y mettre en ligne des infos et entrer en interaction avec d’autres utilisateurs, vite baptisés « amis ». Les gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt forment des groupes où ils peuvent inviter d’autres personnes. Parmi les rubriques les plus connues, on trouve : la liste des « amis » de l’utilisateur, la liste des groupes auxquels il appartient, une boîte permettant d’accéder aux photos qu’il a mises en ligne, un « mur » ( « wall » en anglais) permettant à ses amis de laisser des messages…

OUTIL LUDIQUE POUR CIBLE JEUNE
D’abord destiné aux étudiants, Facebook a peu à peu élargi son audience, revendiquant désormais 100 millions d’utilisateurs à travers le monde. Au départ, le réseau aura surtout servi à échanger des photos de soirées plus ou moins arrosées et des coups de cœur musicaux, à retrouver des copains de maternelle perdus de vue, à comparer le nombre de ses « amis » respectifs… Cet usage persiste, mais de plus en plus d’entrepreneurs s’inscrivent sur Facebook dans un but professionnel. Ludique et facile d’accès, le site s’adapte particulièrement bien à l’univers de la coiffure, et les coiffeurs adeptes sont plus nombreux chaque jour. Très visuel, il permet d’afficher photos et vidéos pour présenter ses réalisations. Il permet aussi d’informer sur des événements (shows, soirées…). Et il offre la possibilité de toucher une cible différente, les jeunes notamment : une grande partie des utilisateurs est en effet âgée de moins de 35 ans. Il fait connaître le salon de coiffure d’une autre manière, à un autre public, parfois intimidé par le site Internet, et facilite même le recrutement.

RENCONTRES ENTRE PROS
Facebook est également très international. « Pour nous, qui avons des filiales aux Etats-Unis et au Canada, son intérêt réside surtout dans la possibilité de toucher une cible internationale », explique Jean-Marc Delabre, cogérant d’Universal Beauty (marques Teotema, Naturalmente, Movie, FHI …). Enfin, paramètre un peu technique mais à ne pas négliger, pour un coiffeur, le fait d’être présent sur Facebook améliore son référencement sur Google : les informations saisies sur sa page (nom, salon…) sont prises en compte par les moteurs de recherche. Facebook, c’est aussi un formidable lieu de rencontre pour les gens du « milieu ». Lorsque le groupe Figure Libre, à Bordeaux (Gironde), a besoin de modèles pour organiser ses trainings, c’est là qu’il les trouve. « J’y crois beaucoup !, s’enthousiasme quant à lui Yannick Kraemer (salons « Luis Kraemer » et « Yannick Kraemer »). J’ai travaillé avec des mannequins, des photographes rencontrés par ce biais. D’autre part, je souhaite implanter la marque en Turquie, pays où Facebook est très populaire. Chez les coiffeurs turcs, j’ai déjà 70 ‘‘amis”, et peut-être, parmi eux, de futurs partenaires ? » Et à l’ère du Web 2.0, ou conversationnel, le site permet aussi de recueillir l’avis des clientes sur le salon, sur ce qu’elles aimeraient voir améliorer… Thierreez, le spécialiste du Hair Design, prend même des rendez-vous pour son salon « What ! » sur Facebook.

SITE INTERNET / FACEBOOK : LE MATCH ?
Depuis l’explosion de Facebook, les sites Internet, présentés voici quelques années comme le comble de la modernité, prennent subitement un petit coup de vieux ! Ou, du moins, apparaissent comme très « classiques ». En fait, les deux outils n’ont pas la même vocation. Le site permet de délivrer plus d’infos : horaires d’ouverture et localisation du salon, prix, services pratiqués… Pour sa part, Facebook, plus « léger », peut être réactualisé en un quart d’heure. Le coût n’est pas le même non plus : un site Internet bien conçu « se paye », alors que créer sa page sur Facebook est gratuit. Mais, comme le remarque Yannick Kraemer, « sur un site Internet, on peut faire ce que l’on veut, choisir une mise en page qui nous plaît ; alors que sur Facebook, on rentre dans des cases, les mêmes pour tout le monde ! » Les deux outils sont complémentaires : d’ailleurs, les coiffeurs présents sur les deux supports proposent un renvoi, depuis leur site, vers leur page Facebook. « Je mise plutôt sur notre site Internet, mais Facebook a permis à certains de nous redécouvrir », analyse Jean-Marc Delabre.

ATTENTION AU MÉLANGE PRIVÉ/PROFESSIONNEL
Le souci, avec le site de réseautage, c’est qu’il peut très vite devenir chronophage. Visiter les pages de ses « amis », explorer toutes les fonctionnalités… certains y passent au minimum une heure et demie par jour ! C’est pourquoi il faut se limiter et éviter de trop papillonner. Autre risque : le mélange de la vie privée et de la vie professionnelle. Il n’est pas forcément utile que clientes et fournisseurs vous voient en photo lors de votre dernière fête ou pendant vos vacances, en maillot de bain… C’est pourquoi Patrick Ahmed a choisi de séparer sa page personnelle de sa page professionnelle. Une voie bientôt suivie par Jean-Marc Delabre, par exemple. A l’inverse, Thierreez retrouve ses clients sur Facebook : « C’est une façon de mieux connaître leur univers ; parfois, on a des surprises ! Ensuite, quand on se revoit au salon, on a plus de sujets de conversation. » Un outil à manier avec précaution, cependant : comme le souligne Christophe Gaillet, sur Facebook, on peut vite basculer dans la confidence et l’intime. Il faut aussi éviter d’inonder ses contacts d’informations. « On reçoit un tas d’infos, dont on se fiche un peu, sur de petits shows qui ont lieu à l’autre bout du pays… » confie un coiffeur.  Mieux vaut cibler !

TEMOIGNAGES

CHRISTOPHE GAILLET (« LE STUDIO » ET « NEXT ONE » À ANGLET) :                                                    
« Plus besoin du téléphone pour préparer des événements à plusieurs ! »

« J’utilise beaucoup Facebook à titre professionnel. Pour moi qui voyage beaucoup, cela permet de conserver des liens avec les gens que je peux rencontrer : mannequins, stylistes… J’ai mis quantité de photos sur ma page. Par le biais de Facebook, j’ai rencontré bon nombre de jeunes coiffeurs ; ils sont plutôt gentils et me laissent des messages pour me dire qu’ils aiment ce que je fais ! Je fais partie de la Haute Coiffure Française, et pour préparer les manifestations, Facebook, c’est génial : avec les autres coiffeurs membres (Laurent Decreton, etc.), on règle tout par l’intermédiaire d’une page Facebook dédiée. On ne se téléphone presque plus, cela évite d’être dérangé dans la journée. En revanche, j’essaie de ne pas trop impliquer mes clientes, car cela peut déraper : sur Facebook, on se livre plus facilement, et je veux éviter le mélange des genres. »


PATRICK AHMED (SALONS « MEDLEY » À PARIS) : 

« J’ai créé un ‘‘fashion group’’ »
« Je suis présent sur Facebook, sur le plan aussi bien personnel que professionnel : j’ai une page ”Patrick Ahmed” pour mes contacts perso, et j’ai créé un groupe, ‘‘Medley Spirit”, pour le côté pro. Pour moi, il vaut mieux ne pas mélanger les deux. Medley Spirit est un ‘‘fashion group’’ qui réunit des gens de la mode. Du coup, j’ai été contacté par des mannequins, des photographes… Sur Facebook, on affiche nos collections, pour les faire connaître à l’international… ce qui nous oblige à écrire en anglais ! On échange beaucoup avec des coiffeurs, sur les tendances, sur nos photos… Pour moi, l’écueil à éviter, c’est d’envoyer trop d’infos, pour tout et n’importe quoi ; du coup, c’est ”noyé” : il ne faut parler que quand on a quelque chose à dire ! »


SERGE CHAMOY (« AU PREMIER » À BEAUNE) :
« Sur 146 membres de la ‘‘tribu’’, 8 nouveaux clients »

« Personnellement, j’en suis encore aux débuts. C’est lors d’une réunion que j’ai appris qu’on pouvait utiliser Facebook à titre professionnel, et je me suis lancé il y a 5 mois. Je suis conscient du fait que le site du salon peut un peu intimider les jeunes ; or, chez moi, les étudiants bénéficient d’une réduction de 20%. J’ai deux enfants adolescents, c’est d’abord pour eux et leur entourage que j’ai créé sur Facebook ”La tribu Au premier”, une petite communauté parallèle au salon et qui vise un public assez jeune. Aujourd’hui, elle compte 146 membres actifs. Bien sûr, certains sont des copains de mes enfants, mais d’autres se sont inscrits spontanément sans les connaître, ni eux ni le salon. Sur ces 146 membres, j’ai déjà recruté 8 nouveaux clients, soit un taux de retour bien supérieur à celui d’un mailing. J’ai un tas d’autres idées de développement avec Facebook : organiser des concours et des castings, des opérations en partenariat avec les fournisseurs, informer sur des événements, des soirées… »