La compétence BFC se démocratise

La compétence BFC se démocratise
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Le temps où la seule offre pour les cheveux bouclés, frisés et crépus était le lissage, voire le défrisage, est révolu. Une formation enfin généraliste accélère efficacement depuis un an.

Avec plus d’un an de recul sur la mise en place du certificat BFC (bouclés, frisés, crépus), force est de constater que la situation bouge enfin. Avant tout sous l’impulsion des acteurs historiques qui ont fait sans pendant des années, mais aussi un peu partout, autour de stages ou d’initiations qui se multiplient dans les CFA et les écoles, et désormais au sein des principales enseignes généralistes. L’objectif n’est pas de devenir des spécialistes mais d’enfin comprendre toutes les textures et d’être capable, dans un premier temps, d’apporter des réponses en coiffage et soin, puis rapidement en coupe et même en couleur, la partie la plus oubliée des prescriptions et pourtant assez simple techniquement ! Si la clientèle est demandeuse, les coiffeurs aussi se passionnent désormais pour compléter leurs connaissances, surtout chez les plus jeunes.

Provalliance s’engage

Le groupe Provalliance a pris la question à bras le corps fin 2024 en lançant un programme de formation master class dédié aux cheveux bouclés, frisés et crépus. Un signal fort de la part du leader qui vise en 2026 la présence d’au moins un expert dans chaque salon. L’idée est de sortir de la seule offre de lissage – qui ne concerne d’ailleurs que 5 % des jeunes de la génération Z aux cheveux BFC, ce service devenant une niche –, pour former les coiffeurs à des techniques respectant les textures afin de les soigner, les coiffer, les couper puis les colorer avec les bonnes procédures. « Le déficit de formation est flagrant pour les textures de 3c à 4c sur l’échelle de Walker, constate Silver Boll, directeur technique et formation chez Provalliance. Et ce en dépit du fait qu’elles permettent une grande créativité et sont assez simples à traiter lorsqu’on a simplement été formé ! Nous souhaitons en priorité que les coiffeurs se concentrent sur le soin et le diagnostic des besoins – hydratation, nutrition ou réparation –, avant d’approfondir les services. »

Couvrir toutes les villes

En 2024, 90 coiffeurs ont été formés et en 2025, 30 sessions sont prévues, ce qui permettra à la fin de l’année d’avoir déjà près de 400 référents, les plus en pointe étant les Jean Louis David, mais toutes les enseignes sont concernées. Les formations organisées en deux fois deux jours permettent de maîtriser les bases essentielles. Le premier cycle porte sur la texture et le coiffage, incluant le diagnostic, la connaissance des produits et les bons gestes à adopter. Le deuxième cycle se concentre sur la coupe et la couleur. Au menu des coiffages : les finger twists, les twists, l’afro, le curly et les vanilles qui correspondent à 80 % des demandes. Le but n’étant pas de former des spécialistes mais de vrais généralistes capables de répondre aux attentes du marché, avec des offres allant de 45 à 60 minutes, y compris en lissage, mais juste thermique pour le moment. Pendant ce temps, Les Secrets de Loly a ouvert son académie parisienne dans le 7e arrondissement, La Belle Boucle continue son développement, Studio Ana’e ouvre et forme, tout comme Boucles d’Ébène. Ainsi, le 7 novembre 2024 a été inauguré le Lab Boucles d’Ébène. Ce deuxième salon parisien, dans le 13e arrondissement, à une centaine de mètres du premier, est le fruit de deux réflexions : comment recevoir plus de clients dans une spécialité qui explose autour du traitement de tous les cheveux texturés, mais aussi la formation. Le lieu sert d’académie autant pour les clients qui ont inauguré l’espace pour un atelier coiffage des papas sur leurs enfants que pour les professionnels. Un leitmotiv affiché en grand dès l’accueil, dans un espace modulable : « Sublimer les matières ». Il y a 20 ans, Boucles d’Ébène faisait partie des pionniers du travail de la texture naturelle non lissée en créant des événements pour faire se rencontrer les acteurs de ce qu’était l’embryon du mouvement nappy en France (Natural and Happy), suivi de formations et du concours Be Natural.

Boucles d’Ebène se développe

Les soeurs Tacite, Aline et Marina – anciennes clientes de Taj spécialiste des textures, formateur et ambassadeur Avlon, tragiquement disparu depuis –, s’étaient lancées dans l’aventure. Les formations visent à dédramatiser le traitement des textures auprès de tous les coiffeurs, même non initiés, et c’est un succès ! Coiffage, soin, coloration et bien sûr coupe sont au programme pour une équipe qui organise déjà des stages depuis 2019. Des formations d’une à trois journées adaptables ou avec des modules selon les besoins, dans une double approche de savoir-faire mais aussi de savoir-être pour accueillir une clientèle qui a longtemps été déçue dans les salons de coiffure traditionnels. Une envie aussi de sortir de la technique pure pour aller vers plus de créativité et de glamour afin simplement de donner le plaisir de jouer des cheveux ondulés à crépus ! Au Lab ainsi qu’au studio Boucles d’Ebène, les coiffeurs proposent enfin des espaces privés, du barbering ou encore des services dreads, sans oublier du tressage « caresse », par opposition aux techniques souvent agressives fréquemment appliquées.

Un marché enfin structuré

Après des années d’errance, certaines initiatives ayant été menées trop tôt pour être couronnées de succès, le marché tient désormais la route. Globalement, le marché des textures touche pour sa partie la plus frisée et longtemps mal prise en compte au bas mot 4 millions de clientes depuis toujours sur-consommatrices, avec un budget supérieur de 39 % à la moyenne ! En allant de la simple boucle au cheveu le plus crépu, c’est même près de la moitié de la population qui est concernée. « On annonce dans l’Hexagone environ 200 salons spécialisés, pour un marché représentant au minimum 14 % de la demande sur des services spécifiques mal développés, sachant qu’en prime 45 % des Françaises ont des cheveux texturés », pose Cédric Losdat, directeur général du groupe Provalliance, qui souhaite que chaque salon des enseignes dispose au moins d’un référent formé aux textures, particulièrement ceux de 3c à 4c sur l’échelle de Walker, sujet rarement abordé en formation de base.

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