Écologie en cosmétiques, promesses tenues ?

Écologie en cosmétiques, promesses tenues
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Si les cosmétiques comptent pour environ 1 % des émissions de carbone et moins de 5 % des plastiques, le secteur est en pointe pour réduire son impact.

Le secteur des cosmétiques a grandement évolué depuis cinq ans, à la fois pour se conformer aux changements de règles et anticiper sur les demandes, tant législatives – loi climat de 2021 – que des consommateurs. Le principal syndicat, la Febea (Fédération des entreprises de la beauté), guide ainsi ses entreprises dont les trois quarts sont des PME. Après la promotion du vrac et de la réduction du plastique depuis 2022, un programme a été mis en place autour de quatre axes : décarbonation, sobriété hydrique, préservation de la biodiversité et gestion plastique. Si ce dernier point reste une priorité, c’est parce qu’en 2022, seuls 25 % du plastique, tous secteurs confondus, étaient réellement recyclés en France, faute de filières bien organisées. Un résultat bien en dessous de la moyenne européenne qui s’élève à près de 40 % ! Concrètement, entre 2022 et 2025, la Febea s’est fixé des objectifs qui semblent tenus : réduction de 15 % des plastiques, réemploi de 20 % via les recharges – recyclables ! – et le vrac, réincorporation de 10 à 25 % de plastiques recyclés et surtout recyclage des emballages en sensibilisant les consommateurs au tri.

Si nombre d’entreprises ont progressé, certains, pas forcément adhérents de la Febea d’ailleurs, sont allés bien plus loin. En pointe dans les marques pros, Patrice Mulato qui, dès 2022, après avoir depuis plusieurs années déjà rendu ses flacons 100 % recyclables, a utilisé 100 % de plastique recyclé ! Depuis, de nombreuses marques se sont engagées fortement, y compris parmi les leaders internationaux, à la fois dans l’écoconception et surtout dans les filières de recyclage. Certaines se sont même unies, comme le consortium « pharma-recharge » en 2023 dont fait partie le groupe Pierre Fabre, en créant des meubles communs de recharge !

L’écoconception des emballages suit plusieurs pistes : réduction du poids, chasse au suremballage, amélioration des bouchons en privilégiant les plastiques recyclables, voire recherche d’alternatives, notamment à base de résidus végétaux. L’autre grand chantier est la sobriété hydrique, les adhérents de la Febea s’engageant à réduire de 10 % leur consommation et à mieux traiter leurs eaux usées, mais aussi à revoir les compositions pour utiliser moins d’eau dans les formules ou pour le rinçage.

La coiffure en pointe

Les acteurs de la coiffure naturelle sont en général bien plus avancés sur ce point, en intégrant une réflexion plus large qui inclut l’impact et la dégradabilité des ingrédients. L’un des pionniers est Marcapar qui, outre le vrac, s’est engagé depuis des années dans des produits à réhydrater. Couleurs Gaïa et Patrice Mulato, avec des soins ou shampooings en poudre, sont dans la même veine, sans oublier le fort succès des offres de vrac. L’un des symboles de ces évolutions est le shampooing solide, même si les consommateurs ne se sont pas convertis en masse. Les recharges et produits solides concourent fortement à la réduction de l’empreinte carbone, tant par la conception que pour le transport qui pèse en moyenne 10 % de l’impact des cosmétiques. Si la prudence dans les allégations marketing autour du greenwashing est de mise, le bilan des actions menées est positif car elles touchent tous les acteurs, tandis que les consommateurs, sensibilisés, le vérifient sans complaisance, y compris dans des secteurs longtemps peu concernés comme le luxe !

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