Sir James Dyson, maître de l’air

Sir James Dyson, maître de l'air
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Invention, une vie à apprendre par l'échec, derrière le titre de sa biographie, James Dyson exprime ses deux moteurs : inventer et savoir rebondir. Y compris chez les coiffeurs !

Quoi de plus logique, pour l’homme à l’origine de « l’aspirateur qui ne perd pas d’aspiration », que de s’intéresser à des appareils qui soufflent dans l’autre sens ! C’est un peu comme ça qu’est née la réflexion sur les ventilateurs Dyson puis sur le premier sèche-cheveux, suivi par de nombreux autres appareils pour cheveux. Une logique d’ingénieur autant que d’iconoclaste cherchant ses inspirations dans tous les domaines. Quel est le point commun entre un sèche-cheveux et un réacteur d’avion : ils soufflent ! Une visite au site de Malmesburry, au coeur de la campagne anglaise, avec son air de campus de start-up, nous a immédiatement donné le ton : un avion Harrier à décollage vertical trône sur le parking, jouxtant une barge à fond plat Sea Truck. Un avion de chasse Lightning des années 1960 est tout simplement accroché au plafond de la cafétéria, tandis qu’une voiture Mini Cooper coupée en deux accueille les visiteurs à l’entrée du site ! On sent le culte du bel objet mécanique de James Dyson dans chaque bâtiment, la passion du gamin qui démonte et observe. James Dyson a tout de l’inventeur un peu fou, ce qu’il n’est pas, bien au contraire. Précurseur dans l’écoconception dès 1995 avec son usine anglaise, il sent l’air du temps et surtout n’abandonne pas devant les difficultés ou lorsqu’il échoue, reconnaissant lui-même avoir élaboré 5 126 prototypes d’aspirateurs avant de mettre dans le mille et reprenant la formule de Thomas Edison sur l’art de créer un millier d’ampoules qui ne fonctionnent pas avant de trouver la bonne.

Tout ce qui souffle et aspire !

Aspirateurs, purificateurs d’air, lampes, ventilateurs, sèche-mains, appareils de coiffure forment la légende dorée, mais Dyson a aussi connu l’échec en visant le marché de la voiture électrique. Peu importe, il observe et rebondit, fidèle à l’esprit premier du design : valoriser le côté pratique, si possible beau, une vision très « old school ». Le célèbre avionneur français Serge Dassault avait pour habitude de dire : « Pour qu’un avion vole bien, il faut qu’il soit beau. » James Dyson fonctionne de la même façon, un état d’esprit façonné par son passage au Royal College of Art et lors de la révolution culturelle des années 1960. Son premier sèche-cheveux séduit les coiffeurs sans leur être destiné mais ne supporte pas les conditions L’ÉCLAIREUR DES COIFFEURS 35

d’usage en salon ? Il en crée un nouveau spécialement pour eux ! Depuis toujours James Dyson aime se poser des questions que d’autres ne se posent pas forcément avant de trouver des solutions techniques, à l’instar des skis flottants ou d’un pédalo-vélo à rames peu convaincant, tout en travaillant sur des bateaux à fond plat pour Rotork, un énorme succès ! Sa brouette Ballbarrow à roue ballon qui ne s’enfonce plus dans la boue marque sa première expérience industrielle et lui apprendra beaucoup.

Sa légende médiatique commence en 1977 avec sa fameuse réflexion sur les aspirateurs qui perdent en efficacité à cause de leurs sacs.On connaît la suite, pas si évidente car peu croyaient en cet électron libre… Qu’à cela ne tienne, il créera son usine après le succès au Japon du G-Force en 1986. Mais le désintérêt des investisseurs pour l’aspirateur Dual Cyclone et surtout les tentatives de fabricants pour lui voler ses brevets l’incitent à rester seul maître de sa production. C’est ainsi qu’est née la société Dyson en 1993, sans grand enthousiasme des investisseurs… Vingt ans plus tard, son chiffre d’affaires dépasse les 7 milliards d’euros !

Ce n’est qu’en 2016 que le fabricant, après s’être lancé dans les ventilateurs, décide de s’accrocher aux cheveux. Son crédo imposé aux équipes : concevoir un sèche-cheveux sans rapport avec les standards admis, meilleur et plus pratiques. Débrouillez-vous avec ça et quelques idées comme la gestion des flux d’air mieux exploités et des moteurs numériques brushless mais plus petits, dont l’utilisation pour des sèche-cheveux lui trottait dans la tête.

Changer tous les codes

Une approche dans la continuité des ventilateurs chauffants déjà lancés qu’il fallait « juste » miniaturiser. Petit moteur donc pour pouvoir tenir dans le manche, près de la main, et changer l’équilibrage de ces appareils. Bilan, 4 ans de développement et 600 prototypes travaillés par 103 ingénieurs plus tard… Choupette, le chat de Karl Lagerfeld, l’a adopté ! La rupture de technologie autant que l’effet de mode ont porté l’engin rapidement copié, du moins dans le style, au point de créer un nouveau standard encore largement répandu, le sèche-cheveux en T. L’autre surprise de taille viendra deux ans plus tard du boucleur Airwrap au principe étonnant, l’effet Coanda qui permet d’enrouler la mèche sans action mécanique.

Le lancement du Corrale, lisseur sans fil, est de son côté arrivé… la veille du confinement dû au Covid ! James Dyson se trouvait alors à Paris.

Il a maintenu le lancement lors d’une présentation en ligne depuis son nouveau flagship de l’Opéra. Dyson fait désormais partie de l’environnement, y compris en salon. Même s’ils n’ont jamais été sa priorité, des modèles spécifiquement professionnels sont développés, montrant que le fabricant n’exclut pas les coiffeurs. En 10 ans, la marque a révolutionné le design, et surtout la logique commerciale, en ne faisant pas de cadeaux, avec des appareils largement au-dessus des tarifs habituels, y compris dans le haut de gamme, soit près de 400 euros pour le Supersonic de base et jusqu’à 650 pour le nouveau Airwrap ! Là encore Dyson a inspiré la concurrence, brisant les références de prix comme il l’avait fait pour les aspirateurs. Il n’y a que sa voiture, prévue à plus de 150 000 euros pièce avant son abandon, qui n’est clairement pas passée.

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